Langue française et non-respect des Francophones en France : liste d’actions en justice !
Alors que le français n’a jamais été autant parlé, que de plus en plus de pays en rendent l’apprentissage obligatoire, et que le Québec et la Chine font disparaître l’anglais de l’espace public, les agissements anti-langue française se multiplient sur le territoire théoriquement francophone de France.
Par Ilyes Zouari
Dans ce cadre, l’AFRAV, une des principales associations en la matière, multiplie les actions pour la défense de la primauté du français.
Fortement anglicisée, la France s’est honteusement classée au 38e rang mondial en matière de maîtrise de l’anglais par la population active, dans le dernier classement international EF-EPI, paru en novembre dernier. Essentiellement dépassée par des pays européens réputés vassaux des États-Unis (comme le Danemark et l'Allemagne), et par un certain nombre de pays anglophones (comme la Zambie et le Zimbabwe), elle se classe ainsi très loin devant des pays comme la Chine (86e) et le Japon (96e), dont la puissance économique, la compétitivité et la capacité d’exportation et d’innovation ne sont plus à démontrer. En Chine, où la dédollarisation va de pair avec la désanglicisation, les interdictions d’employer ou de promouvoir la langue anglaise se multiplient. À titre d’exemple, de nombreuses universités suppriment l’obligation de passer des examens en anglais, aussi bien pour y être admis que pour en obtenir un diplôme (comme la prestigieuse université chinoise à caractère scientifique de Jiaotong de Xi'an, forte d’environ 60 000 étudiants, à partir de la rentrée 2023). À Shanghai, capitale économique du pays et grande mégalopole d'importance mondiale, il a été décidé en juin 2021 d'interdire les examens d'anglais dans toutes les écoles primaires de ce vaste territoire.
Alors que :
- le monde francophone, à lui seul et dans sa définition géographique la plus stricte, vient de dépasser les 600 millions d’habitants (602 millions début 2026) ;
- le monde francophone a dépassé l’espace hispanophone en 2011 (488 millions d’habitants aujourd’hui) et l’ensemble Union européenne – Royaume-Uni en 2018 (519 millions, hors territoires français d’outre-mer) ;
- que l’émergence démographique de l’espace francophone se double d’une émergence économique de l’Afrique francophone subsaharienne (qui a même réalisé les meilleures performances économiques du continent pour la 12e année consécutive en 2025) ;
- que le Québec vient de presque faire disparaître la langue anglaise de l’espace public et des entreprises, grâce à la loi 96 adoptée en mai 2022 (suscitant une énorme controverse dans le Canada anglophone, et renforçant considérablement la loi 101 de 1977, qui avait déjà, pourtant, grandement refrancisé ce vaste territoire, où l’anglais était dominant dans de nombreux domaines).
- que l’Angola vient de rendre obligatoire l’apprentissage du français dès l’école primaire (un pays plus vaste que les 11 pays d’Europe de l’Est membres de l’UE réunis, et bientôt plus peuplé) ;
- que le mouvement mondial de dédollarisation s’accompagne de plus en plus d’un mouvement de désanglicisation ;
- ou encore que le Québec vient d’être classé au 5e rang mondial des sociétés les plus heureuses, très loin devant le Canada anglophone, classé 35e (le Québec étant d’ailleurs constamment la province la plus sûre et la moins inégalitaire du Canada, tout comme l’est l’Afrique francophone par rapport au reste du continent, qui connaît donc une mortalité bien plus élevée : homicides, conflits interethniques, fanatismes religieux, guerres civiles…) ;
Les manifestations de mépris à l’égard des Francophones de France se multiplient sur le territoire théoriquement francophone de France. Dans ce cadre, des associations se mobilisent à travers le pays, et notamment l’Association FRancophonie AVenir (AFRAV) qui est une des plus actives en matière de défense de la primauté de la langue française et du respect des francophones en France.
Depuis plusieurs années, l’AFRAV multiplie les actions en justice. De nombreuses affaires sont actuellement en cours, dont voici une liste non exhaustive :
1. Actions contre les marques « Choose France », « La French Tech », « Next 40 », « French Impact » (dénominations illégales, et totalement inutiles : aucun centime de gagné pour l’économie française, les investisseurs étrangers n’étant intéressés que par le cadre fiscal, la réglementation en vigueur et la qualité des infrastructures ; mais elles déshabituent le monde de notre langue - au lieu de l’y habituer, en détruisent le statut mondial, et donc nous affaiblissent).
2. Action contre la marque « Oh My Lot ! », du département du Lot.
3. Action contre la marque « LOT OF saveurs », de la Communauté de communes du Grand Cahors (département du Lot).
4. Action contre la publicité en anglais « This is world class… on the world stage », de l'Open Sud de France, menée par la SPL Occitanie Events.
5. Action contre la dénomination « Purple Campus », de la Chambre de Commerce et d'Industrie de la région Occitanie (nom incroyablement intelligent, signifiant « campus violet »).
6. Action contre les subventions publiques données par la Région Occitanie à Purple Campus et à Montpellier Business School (au passage, ces dénominations en anglais n’ont apporté aucune plus-value concrète : zéro !).
7. Action contre la dénomination « Hi! Paris », du centre interdisciplinaire créé par l’HEC Paris et l’Institut Polytechnique de Paris (consacré à l’IA et à la science des données).
8. Action contre le master en ingénierie nucléaire 100 % en anglais de l'École Polytechnique de Paris (qui n’apporte, là aussi, aucune plus-value à la France).
9. Action contre l’emploi du mot anglais « LIVE » par France Télévisions, dans l'émission « 20h30, le dimanche ».
10. Action contre la retransmission par France Télévisions d’images sans traduction en français, lors des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 et de Milan-Cortina en 2026.
11. Action contre la mise en avant de l'anglais dans les publicités de l'Union européenne à destination de la population française.
12. Différents procès contre le bilinguisme français-anglais de panneaux signalétiques, qui ne respectant donc pas l’obligation de traduire - si traduction il y a - en au moins de langues étrangères, avec prépondérance du français qui doit demeurer plus lisible et écrit en plus gros caractères : actions contre l'INSA de Rennes (Institut national des sciences appliquées), la Cour d'appel de Paris, la station de ski Les Orres…
Par ailleurs, l’association étude la possibilité de poursuivre en justice les responsables d’infractions éphémères anti-francophones (affichages ou slogans en anglais ou uniquement bilingues lors d’événements ponctuels, comme des événements sportifs ou encore des marchés de Noël accueillant les visiteurs avec un grand « Welcome », comme si nous étions dans une ville américaine…)
Certes, la justice française est loin d’être aussi irréprochable que la justice canadienne, qui, justice française, se contente purement et simplement d’appliquer la loi sans tenir compte de l'esprit de la loi. Par exemple, pour ce qui concerne l'article 14 de la loi Toubon sur les marques, réduire la traduction des mots étrangers qu'aux seuls 9000 termes contenus dans le registre terminologique de la Commission d'enrichissement de la langue française.
Toutefois, il existe dans notre pays un certain nombre de magistrats faisant honneur à leur profession, et respectant le serment qu’ils ont prêté. Quoi qu'il en soit, en dépit des nombreuses difficultés qu'elle rencontre, et grâce à son acharnement, l’AFRAV, a remporté de nombreux procès, et poursuit sa mission sans relâche. Et, bien sûr, les procès qu'elle a gagnés sur la base de la loi Toubon, sont désormais autant de jurisprudences qui permettront de faire valoir la langue française là où elle est maltraitée et disputée par l'anglais.
Comme on dit au Québec : le français, ça s’impose ! (ça ne se négocie pas).
Coordonnées de l’association : www.francophonie-avenir.com
L’AFRAV propose également une infolettre (personne au Canada francophone, absolument personne, ne parle de « newsletter »)
PS : L'auteur de ce texte est non membre de l’association.
Possibilité de commenter cet article en allant sur :
Sa biographie
Chercheur indépendant, expert en démographie et en géopolitique, et spécialiste du monde francophone.
Président fondateur du CERMF (Centre d’étude et de réflexion sur le monde francophone).
Auteur de nombreux articles et rapports, ancien collaborateur et membre de l’équipe dirigeante de la revue Population1 & Avenir, et auteur du « Petit dictionnaire du Monde francophone » (éditions L’Harmattan, 2015).
Le CERMF (Centre d’étude et de réflexion sur le monde francophone)
91 rue du Faubourg-Saint-Honoré, 75008 Paris
+33 (0)1 41 51 20 59
Adresse-courriel : info@cermf.org
Présence sur la Toile : www.cermf.org
Publié par Ilyes ZOUARI le 07 avril 2026
0 personne aime cet article.
Orthographe : sylvie.costeraste@laposte.net







Identification
Veuillez entrer vos identifiants..
Créer un compte