La RATP roulerait-elle pour l'anglais ?
La RATP, ou régie autonome des transports parisiens, roulerait-elle pour l'anglais ?
Des filiales nommées en anglais (RATP Travel Retail, RATP Real Estate, RATP Smart System, Tootbus Paris où « Tootbus » est le sigle de l'anglais « The Original Open Tour Bus »...), un slogan en anglais « Moving towards a better city », des affichettes bilingues français-anglais partout dans le métro, il y a de quoi se poser des questions sur la politique linguistique menée par cette entreprise publique.
Voici l'histoire d'un long périple au pays de l'anglomanie.
Le sait-on, le Groupe-RATP a, parmi ses slogans, un slogan en anglais !
Les slogans du Groupe-RATP sont :
- « À demain » - depôt de la marque
- « Demandez-nous la ville » - dépôt de la marque
- « La ville a de l'avenir » - dépôt de la marque
- « Moving towards a better city » (utilisé au niveau du Groupe-RATP pour l'International, dixit Wikipédia) - dépôt de la marque
Ces slogans sont tous des marques déposées auprès de l'INPI, l'Institut national de la propriété industrielle.
Pour la marque « Moving towards a better city », le Groupe-RATP justifie qu'elle soit en anglais par le fait qu'elle a vocation de représenter le groupe à l'étranger, à l'international, considérant, somme toute, que la langue française n'est plus une langue internationale digne de ce nom.
On remarquera, dans la photo ci-dessus, que la RATP a déposé la marque dans deux langues : le français et l'anglais, l'anglais, comme si le français ne suffisait pas !
Le Groupe-RATP collabore donc à renforcer l'hégémonie de l'anglais dans le monde (et en France puisque ce slogan en anglais est utilisé également en France !) au lieu d'y défendre la place du français.
On retrouve là, l'esprit de collaboration si cher aux « élites » françaises, un esprit de collaboration comme ce fut le cas de Renault sous l'occupation allemande lors de la dernière guerre mondiale.
Conclusion : La RATP préfère collaborer à l'hégémonie actuelle de l'anglais, plutôt que de résister avec le français pour s'en libérer !
Quoi qu'il en soit, la marque « Moving towards a better city » est en infraction avec l'article 14 de la loi n° 94-665 du 4 août 1994, loi dite Loi Toubon, une loi qui a été enrichie de la Décision du 2 juillet 2021 portant approbation des termes, expressions et définitions du Dictionnaire de l’Académie française et du Trésor de la langue française.
Voici ce que dit l'article 14 de la loi Toubon :
« L'emploi d'une marque de fabrique, de commerce ou de service constituée d'une expression ou d'un terme étrangers est interdit aux personnes morales de droit public dès lors qu'il existe une expression ou un terme français de même sens approuvés dans les conditions prévues par les dispositions réglementaires relatives à l'enrichissement de la langue française.
Cette interdiction s'applique aux personnes morales de droit privé chargées d'une mission de service public, dans l'exécution de celle-ci. [...] »
Force est de constater que cet article de loi ne fait aucune différence entre les marques, qu'elles soient employées en France ou à l'étranger, qu'elles soient destinées à des Francophones ou à des non-Francophones, qu'elles aient une portée locale, régionale, nationale, européenne ou internationale.
Cet article de loi s'applique donc pour l'ensemble des marques quel que soit le lieu où elles seront employées, mais, si le lieu où sera employée la marque n'est pas visé par la loi, les mots ou les expressions qui la composent le sont.
Autrement dit, le groupe-RATP qui est un EPIC (Établissement public national à caractère industriel ou commercial) et est, ce faisant, une personne morale de droit public, a beau dire que sa marque « Moving towards a better city » est destinée pour l'international, elle n'est pas pour autant dans la légalité, car le qualificatif « international » ne la dispense pas de respecter l'article 14 de la loi Toubon
Pour l'honneur et pour le respect de notre langue, un procès au Tribunal judiciaire de Paris serait donc nécessaire pour ramener le Groupe-RATP dans le droit chemin de la loi.
Validation obligatoire uniquement pour les Francophones et les Anglophones !
Le 3 mars 2025, le Secrétaire général-adjoint de l'association Défense de la langue française, DLF, Monsieur Pierre Gusdorf, écrivait à la direction de la RATP pour protester contre l'affichage dans le métro de Paris d'une inscription en bilingue français-anglais : « Ici, validation obligatoire - Validate your ride on board », alors que l'article 4 de la loi Toubon, la loi n° 94-665 du 4 août 1994, dit que lorsqu'un texte émanant d'une autorité publique fait l'objet d'une traduction pour les non-francophones, la traduction doit se faire en AU MOINS DEUX LANGUES ÉTRANGÌÈRES :
« Lorsque des inscriptions ou annonces (...) apposées ou faites par des personnes morales de droit public ou des personnes privées exerçant une mission de service public font l'objet de traductions, celles-ci sont au moins au nombre de deux. [...] »
Madame Emmanuelle Cortot-Boucher, la Secrétaire générale du groupe-RATP, lui répond, que les informations délivrées aux voyageurs qui fréquentent les réseaux de la RATP doivent être comprises par le plus grand nombre d'entre eux, dans le respect de l'usage de la langue française, et en tenant compte néanmoins de la diversité des origines de ses usagers.
Force est de constater que cette dame s'arrange avec la loi, car la loi relative à l'emploi de la langue française en France, la Loi Toubon, ne dit aucunement que les annonces faites au public et émanant de la sphère public doivent tenir compte de la diversité des origines des usagers.
La loi dit simplement que s'il y a traduction d'une annonce en français pour les non-francophones, cette traduction doit se faire en AU MOINS DEUX LANGUES ÉTRANGÈRES.
Pourquoi nous parler alors de « diversité des origines des usagers », si ce n'est pour brouiller les cartes, et résumer le « AU MOINS DEUX LANGUES ÉTRANGÈRES » au seul anglais ?
Là encore, pour l'honneur et pour le respect de notre langue, un procès au Tribunal judiciaire de Paris serait nécessaire pour ramener le Groupe-RATP dans le droit chemin de la loi.
Sac perdu ou trouvé, message pour les Francophones et les Anglophones !
Félicitons Jean-Clause Chastanet, adhérent de l'Afrav, qui a écrit plusieurs fois au service de la clientèle de la RATP pour protester contre l'affichage bilingue français-anglais concernant les sacs perdus ou oubliés dans le métro de Paris.
Lors de ses échanges de courriels, notre adhérent a pu constater que la loi Toubon était loin d'être comprise par la RATP (ou du moins, ça arrange la RATP de faire semblant de ne pas la comprendre), au point qu'une de leur conseillère à la clientèle a cru devoir élaborer tout un jeu d'arguties pour tenter de justifier le bilinguisme français-anglais des affichettes incriminées.
Voici ce que cette dame a écrit pour justifier l'anglomanie pratiquée par la RATP :
- « La phrase en anglais ne remplace pas le message en français, elle le complète, à titre de traduction simplifiée, dans un objectif d'accessibilité pour les usagers non-francophones (sic) ».
(Réponse Afrav : si la phrase en anglais ne remplace pas le message en français, alors il faut la traduire au nom des articles 1, 2 et 3 de la loi Toubon)
- « Il ne s'agit pas d'une communication commerciale, mais d'un message de prévention et de sécurité lié aux bagages oubliés. Cela justifie le choix d'une version anglaise sur certaines lignes particulièrement fréquentées par les touristes (sic) ».
(Réponse Afrav : Cela ne justifie rien du tout, message de prévention et de sécurité ou pas, il doit être traduit au nom des articles 1, 2 et 3 de la loi Toubon)
- « Concernant la règle des deux traductions : celle-ci s'applique lorsque le message d'origine est traduit. Ici, le message n'est pas une traduction du français vers l'anglais ; il s'agit de formulations distinctes et complémentaires, l'une en français, l'autre en anglais. Le français reste la langue principale et obligatoire. Il n'y a donc pas obligation d'ajouter une troisième langue.
(Réponse Afrav : Si la phrase en anglais ne remplace pas le message en français, alors il faut la traduire au nom des articles 1, 2 et 3 de la loi Toubon. De plus, l'obligation d'une troisième langue n'existe pas, la formulation de l'article 4 de la loi Toubon étant « en AU MOINS DEUX LANGUES ÉTRANGÌÈRES »)
Conclusion : Devant la nullité des réponses de la conseillère à la clientèle de la RATP, on comprend pourquoi la France dégringole partout et en tout domaine !
On comprend aussi Jean-Paul Brighelli, enseignant, chroniqueur, romancier et essayiste, qui, dans ses livres, n'a de cesse dénoncer l'école qui est devenue au fils des années, une fabrique de crétins.
Prenant son courage à deux mains, notre adhérent réécrit à Nathalie, la conseillère-clientèle de la RATP :
Réponse de Nathalie, conseillère-clientèle de la RATP :
Une plainte déposée par l'Afrav !
Manduel, le 29 août 2025
Au Tribunal judiciaire de Paris - Le Parquet - Madame la Procureure de la République, Madame Laure Beccuau - Parvis du Tribunal de Paris - 75859 PARIS CEDEX 17
Madame la Procureure de la République,
Il y a actuellement dans le métro de Paris, des affiches de la société RATP CAP ÎLE-DE-FRANCE qui invitent les voyageurs à prévenir un agent de la RATP pour tout sac perdu ou trouvé, et il se trouve que ces affiches sont en bilingue français-anglais (voir pour preuve la photo ci-contre).
Manifestement, ces affiches sont en infraction avec la loi linguistique de notre pays, la loi n° 94-665 du 4 août 1994, dite loi Toubon, car, si je me réfère à l’article 4 de ladite loi « Lorsque des inscriptions apposées par des personnes morales de droit public ou des personnes privées exerçant une mission de service public font l'objet de traductions, celles-ci sont au moins au nombre de deux », ce qui n’est pas le cas, comme vous pouvez le constater dans la photo ci-jointe.
Cela dit, puisque le fait de ne pas respecter l’obligation donnée à l’article 4 de loi n° 94-665 est puni d’une peine d'amende prévue pour les contraventions de la 4e classe - comme le précise le décret n°95-240 du 3 mars 1995 pris pour l'application de la loi n° 94-665, puisque, ce faisant, le fait dénoncé est puni par un texte pénal, j’ai alors l’honneur de me tourner vers vous pour vous prier de bien vouloir intervenir dans cette affaire, et pour cela, au nom de l’association que je préside, moi, soussigné Régis Ravat, demeurant à Manduel (30129), j’ai l’honneur de porter plainte entre vos mains contre la société RATP CAP ÎLE-DE-FRANCE qui a son siège social au 54 quai de la Rapée, à Paris (75012), pour le fait que je lui reproche, c’est-à-dire pour le non-respect de l’article 4 de loi n° 94-665 dans ses affiches relatives aux sacs perdus ou trouvés dans le métro.
En vous sachant gré de bien vouloir enregistrer ma plainte et de la transmettre, ce faisant, à un Officier du ministère public afin qu’une sanction contraventionnelle soit appliquée à l’encontre la société RATP CAP ÎLE-DE-FRANCE pour que force revienne à la loi, et donc à notre langue, je vous prie d’agréer, Madame la Procureure de la République, l’expression de ma respectueuse considération.
Régis Ravat, Président de l’A.FR.AV
Publié par Régis RAVAT le 14 septembre 2025
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Orthographe : sylvie.costeraste@laposte.net








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