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Quand la presse subventionnée refuse de parler français !

Cela fait des mois, des années qu’apparaît le mot anglais « e-mail » dans la rubrique « On vous répond » du supplément de presse Diverto, un supplément de presse donnant le programme-télé de la semaine à venir qu’on reçoit chaque dimanche avec son quotidien régional. Et c'est ainsi que plusieurs de nos adhérents demandent chaque semaine aux responsables de la Rédaction de DIVERTO que soit traduit le mot anglais « e-mail » par son équivalent français « COURRIEL ».

Et cela fait des mois, des années que rien n'y fait, que leurs protestations restent vaines, et que l'« e-mail » anglais leur est toujours imposé, semaine après semaine, comme s'il fallait qu'ils s'imprègnent de ce mot sans rechigner et qu'ils renoncent ainsi à leur droit au français.

À savoir : Ce sont les grands groupes de presse régionaux (La Dépêche du Midi, Ouest-France, La Montagne, Le Télégramme, etc.) qui  sont actionnaires de Diverto et qui sont donc responsables de son anglomanie persistante.

Ces grands groupes de presse régionaux bénéficient d’aides publiques destinées à soutenir la presse écrite. Voici quelques exemples récents :

- Groupe La Dépêche du Midi :

  • Subvention de 3,44 millions d’euros pour une nouvelle imprimerie (projet collectif incluant plusieurs titres du groupe).
  • Aides annuelles au pluralisme et à la distribution, estimées à 2,2 millions d’euros pour le groupe en 2021.
  • Bénéficie également d’aides indirectes (taux réduit de TVA, exonérations fiscales, etc.).

- Autres groupes actionnaires (Ouest-France, La Montagne, etc.) :

  • Ouest-France a perçu 5,4 millions d’euros d’aides en 2021.
  • La Montagne a reçu 1,6 million d’euros la même année.

Cela dit, ces grands goupes de presse semblent oublier qu'en vertu de l'article 15 de la loi Toubon, ils sont tenus de respecter la langue française s'ils veulent percevoir des subventions publiques :

« L'octroi, par l'État et les collectivités publiques, d'aides de toute nature est subordonné au respect par les bénéficiaires des dispositions de la présente loi. »

Apparemment, cet article de loi leur a échappé !

Alors, puisque les protestations de nos adhérents ont été inaudibles à leurs oreilles, nous avons demandé officiellement à la Directrice générale des médias et des industries culturelles (DGMIC) du Ministère de la Culture d'intervenir dans cette affaire puisque c'est la DGMIC qui attribue les subventions publiques à la presse.

Notre demande a pour but, en nous appuyant sur l'article 15 de la loi Toubon, de faire cesser les « e-mail » de Diverto, ce qui devrait, normalement, réveiller les consciences des Rédactions des presses concernées sur la nécessité de respecter la langue française et sur l'honneur de bien la parler ! 

Haut les cœurs !

 

Lettre à la Direction générale des médias et des industries culturelles (DGMIC)

À l'attention de Madame la Directrice générale des médias et des industries culturelles (DGMIC) - Ministère de la Culture - 182 rue Saint-Honoré - 75001 Paris

Objet : Signalement au titre de l'article 15 de la loi Toubon – Manquements répétés à l'usage de la langue française par le titre de presse DIVERTO

Lettre recommandée avec accusé de réception, lettre numéro 880 001 116 615 36C

Manduel, le 30 avril 2026

Madame la Directrice générale,

Je souhaite appeler votre attention, en tant que citoyen vigilant et président d’une association de défense de la langue française, sur le respect de la langue française par les titres de presse bénéficiant de fonds publics, et plus particulièrement sur le cas du magazine Diverto.

J'ai constaté que ce titre, largement soutenu par les aides publiques à la presse gérées par vos services, fait un usage systématique et exclusif du terme anglais « e-mail » (notamment dans sa rubrique récurrente « On vous répond »), alors même que le terme français « courriel » est l'équivalent officiel obligatoire pour les services publics et préconisé pour l'ensemble des acteurs de la vie sociale.

À cet égard, je vous rappelle les dispositions de l'article 15 de la loi n° 94-665 du 4 août 1994 (loi Toubon) :

« L'octroi, par l'État et les collectivités publiques, d'aides de toute nature est subordonné au respect par les bénéficiaires des dispositions de la présente loi. »

L'usage d'un anglicisme, alors qu'un équivalent français parfaitement intelligible et validé par la Commission d'enrichissement de la langue française existe, constitue un manquement à l'esprit de cette loi, laquelle fait de la langue française un élément fondamental de notre patrimoine.

Ce manquement est d'autant plus regrettable que le respect de notre langue n'est en rien un obstacle à la communication moderne, comme en témoigne la pratique de nombreux annonceurs au sein même des pages de Diverto. À titre d'illustration, vous trouverez en pièces jointes des exemples d'insertions publicitaires d'organismes tels que Stannah, l'association Valentin Haüy, le Secours Catholique ou encore l'UNICEF, qui utilisent tous le terme français « courriel ».

Cette cohérence terminologique de la part de ces acteurs souligne, par contraste, le choix délibéré de la rédaction du magazine de ne pas se conformer aux recommandations officielles, malgré mes demandes restées sans effet.

En conséquence, je vous saurais gré de bien vouloir intervenir auprès de la direction du magazine Diverto afin de lui rappeler ses obligations au titre de l'article 15 de la loi du 4 août 1994. Il me semble impératif que les aides publiques versées par votre ministère servent au rayonnement d'une presse respectueuse du droit des citoyens à recevoir une information dans le respect de leur langue.

Dans l'attente de connaître les suites que vous réserverez à ce signalement, je vous prie d'agréer, Madame la Directrice générale, l'expression de mes salutations distinguées.

Régis Ravat,
Président de l'Afrav

 

Pièces jointes à cette lettre :

 

PJ n° 1 : Page de couverture du Diverto du 26 avril au 2 mai 2026 (n° 173)

Diverto, numéro 173

 

PJ n° 2 : Page 4 du même Diverto où apparaît la rubrique « On vous répond » avec le terme « email » qui apparaît deux fois (que j’ai surligné en jaune et encadré en rouge).

Diverto, On vous répond,

 

PJ n° 3 : Page 5 du même Diverto où apparaît une publicité du Secours Catholique où figure deux fois le terme « courriel » (que j’ai surligné en jaune et encadré en rouge).

Diverto, publicité, Secours Catholique

 

PJ n° 4 : Page 13 du même Diverto où apparaît une publicité de la société Stannah où figure le terme « courriel » (que j’ai surligné en jaune et encadré en rouge).

Diverto, publicité, Stannah

 

PJ n° 5 : Page 15 du même Diverto où apparaît une publicité de l’association Valentin Haüy où figure deux fois le terme « courriel » (que j’ai surligné en jaune et encadré en rouge).

Diverto, publicité, association Valentin Haüy

 

PJ n° 6 : Page 69 du même Diverto où apparaît une publicité de l’UNICEF où figure le terme « courriel » (que j’ai surligné en jaune et encadré en rouge).

Diverto, publicité, UNICEF

 

 

 




Publié par Régis RAVAT le 21 mai 2026

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Orthographe : sylvie.costeraste@laposte.net

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