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Le cadeau du Gouvernement pour fêter la langue française le 20 mars 2021 !

Une forfaiture civique et linguistique, une de plus, est en train de se mettre en place dans notre pays, et cela a été annoncé, qui plus est, le 16 mars 2021, durant la Semaine mondiale de la langue française et de la Francophonie : la FUTURE CARTE D'IDENTITÉ DES FRANÇAIS VA DEVENIR BILINGUE FRANÇAIS-ANGLAIS !

Nouvelle provocation contre les Francophones et les amis de la langue française en France et dans le monde : le gouvernement a choisi la Semaine de la Francophonie et de la langue française pour présenter, sans le moindre débat parlementaire préalable, son projet de nouvelle carte d'identité bilingue où les rubriques sont toutes libellées en français et... en anglais.

 

L'anglicisation en marche !

Ça ne suffisait pas à l'équipe gouvernementale en place de fermer les yeux sur les innombrables entorses des grandes firmes « françaises » privées et publiques (Renault, PSA) qui basculent leur communication technique vers le tout-anglais ou qui nomment leurs produits et enseignes en anglais (« Ma French Bank », « TGV Night », etc.). 

Ça ne lui suffisait pas non plus de laisser nombre de grandes écoles et d'Universités multiplier les enseignements en anglais destinés... à des francophones dans toutes sortes de disciplines pendant que, illégalement, toutes sortes de collectivités publiques rebaptisent leurs « territoires » en anglais (« Oh my Lot ! », « Only Lyon », « In Annecy Mountains », etc.).

Enfin, ça ne suffisait pas au gouvernement de laisser la Commission de Bruxelles, sans aucune protestation française qui fût à la hauteur de cette forfaiture, installer le fait accompli d'une communication européenne exclusivement délivrée en anglais.

Voilà maintenant que l'État français lui-même décide de passer outre l'article II de la Constitution (« la langue de la République est le français », est un élément fondamental de la personnalité et du patrimoine de la France. ) et de violer lui-même, et fort grossièrement, la loi Toubon de 1994 (le français est la langue de la République... en éditant une carte d'identité dont l'effet réel sera de désétablir le français de son rôle de seule langue officielle du pays, de le reléguer au rang de langue locale en niant sa dimension internationale et d'instituer du même coup l'anglais - et cela en plein Brexit ! - comme seule langue internationale reconnue par la France.

De plus en plus se confirme la volonté, voire l'acharnement des milieux dominants imbus d'idéologie atlantiste et « post-nationale » de désétablir à toute vitesse notre langue nationale, premier service public de France, socle de la République indivisible et ciment de la Francophonie internationale. 

Cette carte d'identité de la honte est un test de la résistance civique et linguistique des citoyens.

Si nous citoyens français laissons passer cette grossière forfaiture linguistique, le pouvoir saura qu'il peut donner son feu vert à l'entreprise visant à faire de l'anglais la seule langue de travail de l'UE, puis à en faire une langue co-officielle en France même: ce qui accélèrera prodigieusement la politique linguistique d'arrachage du français, de substitution systématique de l'anglais à notre langue maternelle commune et de basculement général, en France et dans le reste de l'UE, à la langue unique ardemment désirée par la finance et par les grandes sociétés transnationales, avec tous les énormes dangers que cela représente sur les plans économique, social, culturel et politique.

C'est pourquoi nous, associations de défense du français, adjurons les parlementaires, les intellectuels, les syndicalistes, les journalistes, d'interpeller fortement le président de la République et le gouvernement, qui jusqu'ici n'ont même pas la courtoisie démocratique de répondre à nos adresses citoyennes, pour qu'ils retirent au plus tôt ce projet attentatoire à la loi, à la Constitution, à la personnalité même de la France et à la langue commune du peuple français et des autres peuples de la Francophonie internationale.

Albert Salon, ancien ambassadeur, président d’honneur d’Avenir de la Langue française (ALF), président du FFI-France, et Secrétaire général du Haut Conseil de la Langue française et de la Francophonie (HCILFF)

Georges Gastaud, philosophe, président exécutif de CO.U.R.R.I.E.L. (COllectif Unitaire Républicain pour la Résistance, l'Initiative et l'Emancipation Linguistiques) 

Catherine Distinguin, présidente d'Avenir de la Langue Française (A.L.F.)

Ilyes Zouari, président du Centre d'Etudes et de Réflexion sur le Monde Francophone

Thierry Saladin, secrétaire de l'A.FR.AV. (Association Francophonie Avenir) 

Philippe Reynaud, président de Défense de la Langue Française (D.L.F.) en pays de Savoie, ainsi que M. Lucien Berthet, DLF en pays de Savoie. 

 

Un recours en justice pour contre-attaquer cette forfaiture !

En ayant cédé aux sirènes de l'anglais partout, comme c'est devenu une coutume désormais chez nos gouvernants, le ministère de l'Intérieur qui a opté pour une carte nationale d'identité française en bilingue français-anglais, nous a montré qu'il était un piètre défenseur de la langue française et du plurilinguisme, 

Nos dirigeants rêvent, et cela est de plus en plus avéré, de faire de la France un pays anglophone, cela est profondément scandaleux et révoltant.

Pour information, l'Allemagne a fait une carte d'identité nationale dans les trois langues officielles de la Commission européenne : allemand, anglais, français. 

/Nouvelle carte nationale d'identité allemande

Pour faire mieux que l’Allemagne, l’idéal aurait été que la France, en plus du français, mette des inscriptions  en allemand, en espagnol et en italien en laissant de côté l’anglais puisqu’avec le Brexit, cette langue n’est désormais la langue maternelle que d’à peine 1% de la population de l’UE. 

Mais, hélas, la France est entre les mains de soumis à l'anglais, et seul un procès pourra les faire changer d'avis.

C'est pourquoi,  nous avons adressé un recours gracieux à la ministre responsable de cette énième anglomanie, Mme Marlène Schiappa,  pour lui demander expressément de renoncer au bilinguisme illégal auquel devraient être soumises nos futures cartes nationales d'identité. 

Haut les cœurs !

 

Un excellent article sur le sujet de Mathieu Bock-Côté

Mathieu Bock-Côté : de l’anglais sur la carte d’identité, ce n’est pas « un détail administratif » ; c’est « un geste de soumission linguistique »

Cette tribune est parue dans Le Figaro le samedi 27 mars.

Le français serait-il en voie de folklorisation du fait de la trahison des élites du pays, y compris étatiques ? « Il serait étrange et triste, tout à la fois, écrit-il, que l’État consente lui-même à son déclassement linguistique et sa folklorisation culturelle alors que la France peut et doit, dans les temps présents, retrouver sa place dans le monde en assumant pleinement le modèle de civilisation qu’elle porte et qui l’a faite. »  Cette étrangeté et cette tristesse sont pourtant ce que nous vivons. Contre quoi nous devons nous dresser, toutes forces de réaction réunies.   

Dès qu’une nation renonce à nommer la totalité de l’existence dans sa langue, elle est condamnée à disparaître

Le 16 mars, les autorités françaises présentaient la version nouvelle de la carte nationale d’identité, qui sera expérimentée dans l’Oise. Elle est rédigée en français… et, pour la première fois, en anglais.

Cela a suscité une querelle qui dépasse les polémiques habituelles des réseaux sociaux. Ce bilinguisme étatique se présente comme une simple adaptation pragmatique aux déplacements mondialisés et aux règles de l’Union européenne. L’anglais étant supposé permettre l’interaction entre les peuples en notre temps, chaque pays serait appelé à s’y convertir au moins partiellement.

On ne sous-estimera pourtant pas la portée de cette mesure: ce n’est plus dans sa langue seule que le Français se présentera désormais au monde. Il concède à l’anglais le privilège du cosmopolitisme européen alors même que le Royaume-Uni a quitté l’Union européenne.

Nous n’y verrons pas un détail administratif. La langue de l’État n’est jamais insignifiante. C’est le gouvernement français, aujourd’hui, qui normalise ce «bilinguisme». L’État n’entend plus incarner dans ses documents administratifs essentiels l’identité fondamentale de la France, et consent à piloter une transition symbolique qui l’amènera à intérioriser les exigences de l’anglicisation du monde. Le français, sur cette carte de référence, n’est plus qu’une langue sur deux, presque optionnelle, réservée aux nationaux, mais jugée insuffisante à l’extérieur des frontières.

Autrement dit, il s’agit d’un engagement symbolique fort, appelé, presque inévitablement, à s’étendre. Car il est dans la nature d’un principe de se déployer dans toutes ses conséquences, même si ses premières applications semblent souvent anodines.

Marlène Schiappa présente la nouvelle carte nationale d'identité

Cela n’est pas sans rappeler un épisode de la campagne présidentielle en janvier 2017, quand Emmanuel Macron s’était rendu à Berlin et avait fait un discours en anglais. Il aurait été normal qu’il prononce ce discours en français et magnifique qu’il le fasse en allemand. Mais le tenir en anglais consistait à reconnaître que l’anglais devenait le point de contact entre les peuples européens, consentant à se placer sous l’hégémonie symbolique du monde anglo-saxon. La diversité européenne était ainsi appelée à se déployer sous une tutelle américaine. Plutôt que de valoriser son génie propre, et un authentique multilinguisme, fidèle à sa tradition cosmopolite, l’Europe s’imagine simplifier les rapports entre les peuples en les entrant dans un broyeur culturel.

Emmanuel Macron ne faisait pas vraiment exception et témoignait alors de l’étrange rapport à l’anglais d’une partie des élites françaises, qui ont tendance à y voir un signe de modernité, ce qui les amène à multiplier l’usage d’anglicismes comme autant de signaux linguistiques témoignant de leur appartenance aux gagnants de la mondialisation. Encore une fois, c’est la rhétorique de l’ouverture contre la fermeture qui est utilisée pour légitimer la soumission à l’anglais. De l’e-mail au print en passant par la team et le business, alors qu’on pourrait parler de courriel, de version papier, d’équipe et des affaires, on ne compte plus le nombre d’expressions qui témoignent d’une tournure d’esprit inquiétante: la nouveauté, la jeunesse, l’intensité, le mouvement, la vélocité, la technologie s’exprimeraient mieux en anglais qu’en français.

Le français ne serait-il plus qu’une langue provinciale, régionale même, à l’échelle du globe, que l’on peut parler dans l’entre-soi des frontières, mais qui n’est plus appelée à se projeter dans le vaste monde? Doit-il renoncer à sa prétention à peser dans la géopolitique mondiale, au moment où l’empire américain commence à vaciller, et où la planète s’apprête peut-être, sous le signe de la multipolarité, à redécouvrir son authentique diversité linguistique? Les petites nations portent un savoir politique spécifique: dès qu’une nation renonce à nommer la totalité de l’existence dans sa langue, et n’y voit plus qu’un bibelot folklorique réservé aux communications familiales, elle est condamnée à disparaître.

Le français doit demeurer une langue de puissance. La France, en renonçant au prestige de sa langue, risque d’oublier qu’elle incarne pour notre époque, non seulement sur le plan linguistique, mais culturel, et même civilisationnel, un pôle de résistance à ce qu’on appelait autrefois et qu’il faudrait bien appeler encore l’impérialisme américain. C’est vers la France que se tournent en Occident ceux qui veulent résister au multiculturalisme, au racialisme et au wokisme. Il serait étrange et triste, tout à la fois, que l’État consente lui-même à son déclassement linguistique et sa folklorisation culturelle alors que la France peut et doit, dans les temps présents, retrouver sa place dans le monde en assumant pleinement le modèle de civilisation qu’elle porte et qui l’a faite.    

Mathieu Bock-Côté


Mathieu Bock-Côté est docteur en sociologie, chargé de cours aux HEC à Montréal et chroniqueur au Journal de Montréal et à Radio-Canada.

Ses travaux portent principalement sur le multiculturalisme, les mutations de la démocratie contemporaine et la question nationale québécoise.

Il est l’auteur d’Exercices politiques (éd. VLB, 2013), de Fin de cycle: aux origines du malaise politique québécois (éd. Boréal, 2012) et de La dénationalisation tranquille (éd. Boréal, 2007).

Ses derniers livres : Le multiculturalisme comme religion politique, aux éditions du Cerf [2016] et le Le Nouveau Régime (Boréal, 2017). 


Source : jesuisfrancais.blog, le samedi 27 mars 2021

Article paru dans le Figaro

 

 

 




Publié par Régis RAVAT le 18 mars 2021

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Orthographe, corrections : contact.sy@aliceadsl.fr

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