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Michel Serres est mort ! Le grand défenseur de la langue française qu'il était, nous manquera !

Samedi 1er juin 2019, alors que Jonathan Lambert présentait son nouveau spectacle "Looking for Kim", chez Ruquier, sur France 2,  j'ai appris la mort de Michel Serres.

À ma tristesse de voir Jonathan Lambert faire un spectacle qu'il a nommé en anglais, à mon désarroi de constater que personne parmi Ruquier, les chroniqueurs et les invités de l'émission, ne se soit offusqué de ce titre en anglais, comme s'il était normal, qu'un Français qui fait un spectacle en France pour des Français le nomme en anglais, à tout cela s'ajouta ma profonde tristesse de voir partir Michel Serres, qui fut un grand défenseur de la langue française au point qu'il n'hésita pas à traiter de COLLABOS tous ceux qui, de près ou de loin, participaient à angliciser la langue française, la France et les Français.   

Jonathan Lambert ou la dictature de l'anglais

Michel Serres, philosophe, professeur d'université et Académicien avait dit : « On voit sur les murs de Paris aujourd'hui, beaucoup plus de mots anglais qu'on ne voyait de mots allemands pendant l'Occupation.

Les vainqueurs imposent toujours leur langue aux vaincus, ce pourquoi il nous reste à peine trente mots gaulois, nous qui avons été vaincus et colonisés par les Romains. En Europe de l’Est, l’enseignement du russe était obligatoire. Mais quelle guerre nouvelle venons- nous de perdre pour que l’anglais nous immerge de la sorte aujourd’hui ? Qui sont donc les collabos qui permettent cela ? »

Alors, oui, il faut entrer en Résistance contre le tout-anglais qui nous assaille de toute part, et cela, en ayant en tête les bonnes et sages paroles de Michel Serres pour nous donner du baume au cœur et pour partir au front assurés de la justesse de notre combat.

Haut les cœurs !

 

Michel Serres, l'art d'être Français !

Le philosophe et académicien Michel Serres est décédé le samedi 1er juin 2019 à l'âge de 88 ans.

« Il est mort très paisiblement à 19 heures entouré de sa famille », a déclaré son éditrice Sophie Bancquart.

Michel Serres, malade d'un cancer, était né le 1er septembre 1930 à Agen. Écrivain et historien des sciences, passionné notamment par l'écologie et l'éducation, il s'est intéressé à toutes les formes du savoir, scientifique comme littéraire, anticipant les bouleversements liés aux nouvelles technologies de la communication.

Il y a quelques jours seulement, Michel Serres recevait Léa Salamé à l'Académie française pour évoquer sa vision de « l’art d’être Français ».



« Les Collabos de la pub et du fric »

L’auteur de cet article habite aux États-Unis depuis quarante ans, a enseigné sur tous les continents, a roulé sa bosse par toutes cultures, bénéficia toute sa vie des leçons d’ailleurs et d’Autrui, en mâchant le pain noir de l’exil. 

Amoureux des langues, il en apprécie les musiques subtiles, s’enthousiasme devant le point de vue irremplaçable que chacun porte sur les choses du monde. Ne le soupçonnez pas d’enfermement ni de nationalisme. Pourtant, au retour de dix voyages, voici ce qu’il voit : plus de mots anglais sur les murs de nos villes ou à la une de nos journaux que de mots allemands pendant l’occupation. Si vous voyagez en train, la SNCF vous fourre dans la poche une carte S’miles, dont la plaisanterie ne fait rire aucun anglo saxophone et par laquelle la compagnie, dite française, torpille le système métrique, adopté dans les sciences, universellement, au point que la Nasa, récemment, faillit perdre un satellite pour s’être embrouillée dans ses propres unités archaïques. 

Enseignant, vous ne pouvez prétendre, en classe, que le mot relais ne s’écrit point par un y puisque, dans toutes les gares de France, s’affiche, en gros et en rouge, cette lettre. Plus de boutiques, des shops ; un déluge de best ofdecoverdemake-up…pis : des crèmes anti-age qui révèlent la stupidité du traducteur, puisque to age signifie vieillir. En fait, ce sont des plâtras pour réparer l’irréparable vieillerie des rides.

Feuilletez maintenant l’histoire des guerres. Les vainqueurs imposent toujours leur langue aux vaincus, ce pourquoi il nous reste à peine trente mots gaulois. En Europe de l’Est, l’enseignement du russe était obligatoire. Quelle guerre nouvelle venons- nous de perdre? Qui sont donc les collabos ?

Victorieux de la lutte pour le fric, les riches cherchent à ne pas jaser de la même manière que le peuple. Avant la guerre de 14-18, 51% des Français parlaient alsacien, breton, picard ou langue d’oc : ruraux pour la plupart.

Les langues des régions de France moururent de la mort des paysans. Au Moyen Âge, les savants, les médecins, les juristes, bref, la classe dominante parlait latin. Il fallut un édit royal pour que notre langue maternelle fût usitée en public et dans les actes officiels. Nous revenons aujourd’hui à cet état de fait.

Les riches, la classe dominante, les publicitaires, ceux qui tiennent l’espace des affiches et le temps de parole éliminent le français.

Comme d’habitude, les vainqueurs cherchent à imposer leur langage. Vous souvenez-vous de la vieille pub où un chien écoutait, obéissant, assis devant une enceinte acoustique d’où sortait la Voix de son Maître ?

La voix de nos maîtres, nous ne l’entendons plus que dans une autre langue. Et quel sabir ! Si vous saviez à quel point ces dominants ignorent le vrai, le bel anglais ! J’en ai honte devant mes amis d’outre-Manche ou d’outre-Atlantique. Du coup, la langue française, la mienne, que j’aime, devient celle des pauvres, des assujettis, nous, petits chiens obéissant à la pub et au fric.

Je vous invite à l’écrire et à la parler, fièrement, comme langue de la Résistance. Chaque fois que je reçois un message où l’on me demande un pitch de ma conférence à venir, je réponds aussitôt : qu’ès aco, lou pitch ?

Là, le Parisien, in, est interloqué. Les savants qui inventent, qui ont parfois reçu prix Nobel ou médaille Fields, disent, unanimement : on n’invente que dans sa langue, qui délivre un point de vue inédit, je l’ai dit, sur le monde. Après, on publie les résultats de la découverte dans les revues rédigées dans le sabir commun ; depuis trois mille ans, il existe, en effet, une langue de communication : normale, nécessaire, salutaire. Le patron des traducteurs qui travaillent au Conseil de l’Europe ne cesse d’affirmer que les interventions réellement originales s’y font dans les idiomes propres ; l’usage ou l’obligation de ne parler que dans la langue de communication condamne chacun à ne plus penser que dans le format, dans la correction politique, dans les répétitions indéfinies de la société du spectacle. Autrement dit, devenir bourrique.

Pour défendre le Français, espèce inventive en péril, je vous propose une stratégie d’une puissance rare. Utilisez votre carte de crédit comme bulletin de vote.

N’achetez aucun produit dont la publicité ne soit pas dite en français ou dont vous ne comprenez pas le nom ; n’allez pas voir de film dont le titre, sur l’affiche, ne soit pas traduit ; révoltez-vous contre les nouveaux collabos, entrez dans la Résistance, faites la grève du zèle, en faveur de notre langue.

Michel SERRES, philosophe et académicien

Source : Sud Ouest, le 09 mai 2011

 

Michel Serres aime Tintin, mais pas Astérix, et il explique pourquoi.

Chronique très intéressante en tout (violence, drogue, barbarie, etc.) à bien écouter et à faire écouter.

(Écouter la chronique en entier)

Voici la transcription que j'ai pu faire d'un passage :

  (Écouter le passage de l'enregistrement concernant l'imposition d'une langue)

Michel Serres : (...) Non, non, c'est vrai que nous n'avons pas vaincu les Romains. Nous n'avons pas résisté comme le dit la bande dessinée, mais au contraire, ils nous ont écrasés jusqu'au dernier. Il y a une preuve, d'ailleurs, ils nous ont imposé leur langue...

Interrompu par Polacco : Ils nous ont civilisés !

Michel Serres : Non, non, non, nous étions civilisés, ils nous ont imposé leur langue exactement comme aujourd'hui les vainqueurs et les collabos de la guerre économique nous imposent l'anglais, ils nous ont imposé le latin, et la preuve, c'est qu'il nous reste à peine deux ou trois dizaines de mots gaulois en-dehors des noms de lieux et de géographie. 

Source : France-Info, le dimanche 18 septembre 2011 

Je viens de faire un petit document de citations sur des déclarations de Michel Serres. Si vous en connaissez d'autres et si vous avez des précisions, elles seront bienvenues (en particulier pour le passage en rouge) :

Membre de l'Académie française, philosophe et historien des sciences, qu'il enseigne à l'Université de Stanford, Michel Serres vit depuis au moins quarante ans aux États-Unis. Il ne renie pas ses origines françaises et paysannes. En plusieurs occasions, il a fustigé ceux qui font le lit du tout-anglais :

- Le Nouveau Quotidien (Lausanne, Suisse, 1er décembre1992) : « Actuellement, les savants, les publicistes, les journalistes parlent anglais. On voit sur les murs de Paris beaucoup plus de mots anglais qu'on ne voyait de mots allemands pendant l'Occupation. Tous les gens qui ont une quelconque responsabilité, dans mon pays, ne parlent plus ma langue. Par conséquent, j'appelle le français la « langue des pauvres ». Et je la soigne comme je soigne en général les idées que j'ai sur les pauvres ».

- L’Est Républicain  (26 décembre 1993) concernant le problème de défense de la langue française : « Tout cela est notre faute mais ça peut se réformer très vite. Il suffit que le peuple qui parle français se révolte contre ses décideurs. Moi, je suis du peuple, ma langue est celle des pauvres. J’invite les pauvres à se révolter contre ceux qui les obligent à ne rien comprendre ».

- France Info en réponse à Michel Polacco (vers 2004-2005, curieusement, l'enregistrement n'est plus accessible) : « Je pense qu'aujourd'hui il y a sur les murs de Paris plus de mots anglais qu'il n'y avait de mots allemands pendant l'Occupation, et ça c'est quand même sous la responsabilité de ceux qui veulent bien le mettre, parce qu'il n'y a pas de troupes d'occupation aujourd'hui. Je les appelle des collabos ».

- France Info (18 septembre 2011), dans la chronique émission « Le sens de l'info » de Michel Polacco sur le thème « Asterix » (voir ci en-haut)

Il n'y a pas que sur les murs de Paris : dans toutes les écoles, dans tous les magasins, surtout les grandes surfaces où l'on ne peut entrer sans subir des chansons en anglais, des noms de produits ou des slogans en anglais, et aussi sur les répondeurs téléphoniques pour des messages d'attente, etc.

En fait, durant l'Occupation, même les pires collabos n'ont pas poussé à un tel point à l'apprentissage et l'usage de l'allemand. Et il y a aussi notre système métrique qui est de plus en plus attaqué...

Henri Masson

 

Le franglais nuit gravement à la santé de l'économie

« Qu'un pays perde confiance en lui-même, cela dépend de sa manière de parler  » note le philosophe et académicien, Michel Serres.

L'un des inconvénients majeurs du franglais est que ses locuteurs finissent par vivre dans un univers totalement désincarné. Chacun sait ce qu'est un drone, un petit avion sans pilote et télécommandé comme il en existe depuis la Première Guerre mondiale. Mais l'avantage de l'anglophone sur le francophone est qu'il sait aussi qu'à l'origine drone veut dire « faux-bourdon » : le nom a été donné dans les années 1930 à ces engins pour se moquer de leur vol bruyant et lent.

Autre origine très concrète dont la signification est hélas totalement occultée en français : depuis quelques mois, les marchés financiers ne parlent que du "tapering" aux États-Unis. La Fed, la banque centrale, s'apprête ainsi à ralentir progressivement ses achats d'actifs sur les marchés. Or ce terme ne doit rien à la technique financière mais tout à celle de la coiffure : taper veut dire effiler, dégrader. C'est dans ce sens qu'on qualifie l'action de la Fed.

Parmi les entreprises publiques françaises, certaines se distinguent tout particulièrement dans les inepties sémantiques : « La SNCF pousse même la sottise jusqu'à l'ignominie ; elle propose à ses fidèles des "s'miles", jeu de mot niais qui ne ferait même pas rire un anglosaxophone ; de plus, elle torpille, par là, le système métrique, l'invention française la plus mondialisée », s'indigne le philosophe Michel Serres, professeur à l'Université de Stanford, en Californie, depuis quarante ans et membre de l'Académie française (propos tenus lors d'une conférence à Bercy). L'usage de l'anglais, quand il est superfétatoire, est le signe d'une démission sur toute la ligne. « Qu'un pays perde confiance en lui-même, cela dépend de sa manière de parler  », note Michel Serres.

Le franglais est le sabir de ceux qui ne connaissent aucune langue véritablement et pour qui le français restera à jamais étranger. Et ce n'est pas la novlangue de la politique économique qui va les aider à se repérer. CICE (crédit d'impôt compétitivité emploi), Pacte de responsabilité, autant de « platitudes alambiquées ». Comme s'il était définitivement impossible de trouver le mot juste et compréhensible.

Source : Le Figaro, le lundi 17 mars 2014

 

Faisons la grève de l'anglais !

Le philosophe Michel Serres dénonce le CARACTÈRE DE CLASSE de l’actuelle politique linguistique des « élites françaises » : la SUBSTITUTION systématique du tout-anglais patronal à la langue de notre pays… et de la francophonie internationale.

Faut-il que l’offensive générale du tout-anglais patronal contre le français soit grave pour qu’un honorable académicien puisse ainsi « prendre de gauche » certains partis « progressistes » qui restent de glace devant le déferlement du « tout-anglais » au seul avantage de l’ « élite mondialisée » et au seul détriment des CLASSES POPULAIRES ?

Georges Gastaud


Très bonne idée de M. Serres, bravo, voilà un grand homme !

Commençons à entrer en action pour la langue française, par exemple, ne regardons pas la nouvelle série policière "Crossing Lines" qui va sortir sur TF1 !

C'est une série « européenne » qui a été tournée entièrement en anglais, dont certaines scènes se passent à Paris et dont un des acteurs n'est pas moins que le chanteur français Marc lavoine qui, sans remords, s'est fait un plaisir de tourner en anglais !

Cet été, c'est la série « JO » de Jean Reno, une série entièrement tournée en anglais à Paris, qui a été supprimée de la programmation de TF1 pour mauvaise audience, une audience insuffisante, car de nombreux téléspectateurs se sont rendus compte que lorsque Jean Reno parlait, il était doublé, doublé par lui-même soit, mais il était doublé. Ainsi, les téléspectateurs se sont senti lésés.

En effet, s'il est normal d'accepter qu'un acteur étranger non-francophone soit doublé parce qu'il ne parle pas notre langue, comment pourrait-on trouver normal qu'un acteur français soit doublé parce qu'il a choisi de tourner en anglais ?

Jean Reno n'a pas voulu de la langue française, les Français n'ont pas voulu de lui, bravo.

Continuons à ignorer ces personnages qui ignorent notre langue !

JPC


Michel Serres : « Je lance un appel pour faire la grève de l'anglais »

L’homme qui avoue avoir de l’eau de son fleuve Garonne à la place du sang évoquera le futur et ses évolutions au travers de son livre « Petit Poucette », vendu à près de 200 000 exemplaires. Avec passion et un talent incomparable pour trouver le mot juste, il s’adresse à la jeune génération. À 83 ans, Michel Serres enseigne encore à l’université américaine de Stanford, a participé aux travaux menés par Anne Lauvergeon pour dessiner ce que pourrait être la France en 2030, est consulté pour le projet de la nouvelle université de Toulouse le Mirail et prépare le tome 2 de Petite Poucette.

[...]

Récemment vous avez poussé un coup de gueule sur l’invasion de l’anglais, On a des moyens de résister ?

C’est-à-dire que ça dépend de vous, ça dépend de nous. Ce que je voudrais moi, c’est inviter les Français à faire la grève, chaque fois qu’une publicité sera en anglais, on n’achète pas le produit, chaque fois qu’un film ne sera pas traduit dans le titre, on n'entrera pas dans la salle de cinéma. On n'entre pas dans un "shop", on entrera dans une boutique. Et dès lors que les publicitaires et les commerçants auront 10 % de moins de chiffre d’affaires, ne vous en faites pas, ils reviendront au français. La classe dominante n’a jamais parlé la même langue que le peuple. Autrefois, ils parlaient latin et nous, on parlait français. Maintenant la classe dominante parle anglais et le français est devenu la langue des pauvres ; et moi je défends la langue des pauvres. Voilà, c’est pour ça que je demande qu’on fasse la grève. J’en ai marre que la SNCF nous fasse des "smiles". J’en ai plein le dos de cette affaire. Je suis d’accord qu’il y ait une langue de communication, il y en a toujours eu une. Autant ce genre de choses commence à mettre la langue française en péril et c’est dramatique. Il y a plus de mots anglais sur les murs de Toulouse qu’il y avait de mots allemands pendant l’occupation. Par conséquent qui sont les collabos ?

[...]

Recueillis par Sébastien Dubos

Source : ladepeche.fr, le 20 octobre 2013

 

Serres et Hagège contre Fioraso !

Le projet de loi de la ministre de l'enseignement Supérieur, Mme Geneviève Fioraso, consistant à vouloir introduire dans nos universités l'enseignement EN anglais, ne fait pas l'unanimité.

Heureusement que des députés et des sénateurs, de droite comme de gauche, ont montré leur désapprobation quant à vouloir voter pour un telle loi.

Bravo, à Michel Serres et à Claude Hagège qui ont su donner des arguments contre ce projet de loi infâme.

La capitulation linguistique de notre pays ne doit pas se faire, la langue de Goldman Sachs et Cie ne doit pas s'y imposer.

Source de la vidéo : Journal de 20 heures, sur France 2, le mercredi 15 mai 2013



La langue française en perdition !

Dans le film Gavity deux astronautes bravent l'apesanteur. Une publicité pour du café pose la question "What else ?" Une marque de maquillage propose pour les cils "Passioneyes"... Le Monde/Style titre un sujet sur les boulettes de viande : "Les meat balls dans l'assiette"....

Michel Serres et Michel Polacco parlent du français, et le philosophe et académicien pourfend le franglais.

 

  Michel Serres et la grève de l'anglaisDe cette intervention de Michel Serres, retenons l'idée qu'il a lancée :

Faisons la grève de l'anglais !

 

Réaction de M. Saladin :

Votre émission m’amène à formuler quelques points :

1) Le titre semble entériner une situation, c’est dommage

2) Pas un mot sur ce qui est la cause de la perte de position du français. Pourquoi ?

3) La cause, c'est la guerre des langues : une guerre qu'ont déclaré au monde entier les États-Unis d'Amérique à la fin des années 40 pour leur seul intérêt.

4) Michel Serres a raison de pourfendre le franglais, mais pourquoi ne comprend-il pas que l’anglo-américain comme langue véhiculaire ne peut conduire qu’à ce qu’il dénonce fort justement ?

5) Quid de l’espéranto, une langue internationale qui fonctionne pourtant très bien

Source : franceinfo.fr,  le dimanche 10 novembre 2013

Quelques réflexions sur la grève de l’anglais de Michel Serres, par :

Après que l'année dernière une polémique sur l'enseignement en anglais dans l'enseignement supérieur ait été vite désarçonnée par les médias à coup de «aon n'a pas le choix », « l'anglais c'est vital », « on est les plus nuls an anglais », un nouveau cri d'alarme vient éveiller les consciences.

C'est dans un entretien avec la Dépêche du Midi que le philosophe et enseignant à l'université de Stanford Michel Serres critique l'omniprésence l'anglais en France. Ainsi il propose un boycott des marques et produits qui utilisent à outrance l'anglais quand ils pourraient traduire leurs slogans. Au delà de cette proposition d'activisme pratique, Michel Serres envisage l'anglais comme une langue de riche, à l'inverse de la langue de pauvre qu'est le français.

La proposition de refus des compagnies abusant d'anglicismes ou carrément de phrases en anglais semble plus être de l'ordre de l'opération coup de poing que d'une action durable. Même si les propos de Michel Serres sont très louables, dans le fond ils ne me semblent pas mûrement réfléchis.

Ainsi, quand il dit que l'anglais est celle des riches, il a relativement tort : on compte beaucoup de pauvres avec anglais comme langue maternelle dans le monde, et même en France, des gens peu aisés peuvent maîtriser l'anglais aussi bien voire mieux que des gens aisés par une consommation culturelle anglophone.

Par contre il est vrai que l'anglais est l'une des composantes qu'utilise la classe dominante pour assoir son pouvoir. Ainsi la maîtrise de l'anglais est de plus en plus nécessaire pour accéder à des postes de responsabilité, que ce soit dans l'entreprise ou dans l'État.

En fait l'analyse que Michel Serres fait de l'anglais et de sa situation est biaisée, ainsi, en déclarant « Je suis d’accord qu’il y ait une langue de communication, il y en a toujours eu une », il légitime la cause première des conséquences qui l'indignent. En effet, si l'anglais s'immisce peu à peu partout dans la société française, c'est lié à sa place prépondérante comme langue de communication accompagnant le phénomène de mondialisation. L'anglais parvient donc même toujours plus à être utilisé dans des situations n'impliquant pas de communication internationale (comme dans les publicités françaises par exemple), car il représente une ouverture au monde et un développement des opportunités.

Et tous les problèmes (l'anglais supplantant les langues nationales comme langues d'enseignements et langues scientifiques, les anglicismes..) viennent du fait qu'un consensus s'est créé au fil du 20e siècle autour de l'adoption de l'anglais comme langue internationale. Et quand la France, en 1922, a voté à la Société des Nations (SDN), ancêtre de l'ONU, contre l'adoption de l'espéranto comme langue internationale, on se dit qu'elle l'a bien cherché, la suprématie de l'anglais.

(...)  

 

 

 




Publié par Régis RAVAT le 02 juin 2019

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Orthographe, corrections : contact.sy@aliceadsl.fr

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