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La chanson en français regagnerait-elle du terrain ?

Une génération d’artistes de musiques urbaines chantant en français a pris le pouvoir en France, selon le Syndicat national de l’édition phonographique (Snep).

Johnny Hallyday domine cependant encore de loin le palmarès des meilleures ventes 2018.

Mais où sont passées les pop-stars anglo-saxonnes ? Dans le palmarès des 20 meilleures ventes de musique en France en 2018, publié jeudi 14 mars par le Syndicat national de l’édition phonographique (SNEP), il n’en reste qu’une. Ed Sheeran, à la 11eplace de ce classement fait figure de rescapé parmi dix-neuf artistes produits en France et chantant dans une langue de Molière très rajeunie et très rythmée.

 

Une relocalisation musicale dans toute l’Europe

Maître Gims, Dadju, Orelsan, Damso, Kendji Girac, Les Enfoirés, Soprano, Eddy de Pretto, Mylène Farmer… et Johnny Hallyday à la première place, participent à cette réappropriation massive du français. Un phénomène très spectaculaire de relocalisation musicale, qui se produit aussi dans le reste de l’Europe non anglophone, surtout en Italie et Allemagne.

Il y a encore trois ans, les grands festivals se désolaient de voir les pop-stars internationales leur échapper, souvent faute de pouvoir payer leurs cachets à six chiffres. Aujourd’hui, s’ils ont une ou deux des têtes d’affiche citées plus haut auxquelles ils ajoutent les nouvelles idoles des jeunes – Angèle, Louane, Marwa Loud, Aya Nakamura, Bigflo & Oli… – les festivals ont le sourire et la certitude de remplir leurs plus grandes salles.

(...)

Nathalie Lacube, le 14/03/2019

 



Juliette Armanet : « le retour de la chanson française est dans l’air du temps »

Révélation de l’année 2017 avec Petite Amie, Juliette Armanet fera, avec Véronique Sanson, Catherine Ringer et Naya, l’ouverture du Printemps de Bourges, qui se tient du 24 au 29 avril. Elle évoque le mouvement générationnel qui renouvelle la chanson française.

Entretien avec Juliette Armanet, auteure, compositrice et interprète

La Croix  : Vous avez surgi sur la scène française avec un premier album Petite amie en 2017 et vous voilà en ouverture du Printemps de Bourges, sur sa plus grande scène, le W. Ce n’est pas vertigineux un tel succès ?

Juliette Armanet : C’est mon troisième Printemps de Bourges en réalité. J’ai fait la première partie de Juliette Gréco il y a trois ans, puis je suis retournée chanter à Bourges l’an dernier. Donc, je ne suis pas encore vraiment une habituée, mais pas non plus une novice.

Mon succès n’a pas été si rapide, puisque j’ai sorti mon premier EP (mini-disque), il y a deux ans et que j’ai mis trois ans à faire l’album Petite Amie. Je suis sur le front depuis un bon moment, ce qui me donne l’impression de ne pas être un phénomène éclair. Ça me rassure d’être inscrite dans le temps, et de me dire que ça peut durer, ne pas être éphémère. Cette aventure musicale, elle s’est construite très patiemment.

Qu’est ce que vous avez retenu de plus gratifiant de ce succès ?

J.A. : Il y a eu un souffle qui m’a portée, la joie de jouer dans des salles pleines avec des gens qui connaissaient mes chansons, c’était bouleversant, euphorisant. J’ai parfois l’impression de vivre les plus beaux moments de ma vie, ça me transperce le cœur.

Et de plus pénible ?

J.A. : Parfois de la fatigue ressentie, mais ce n’est pas grave. Je fais de la musique depuis quinze ans, j’ai commencé de façon professionnelle il y a dix ans et pour l’instant c’est un rêve. Mais peut-être que ce sera difficile de faire un deuxième album en toute sérénité. Quelque chose qui me ressemble. Ce sera pressurisant.

Pensez-vous que la chanson française revient ?

J.A. : Le retour de la chanson française est vraiment dans l’air du temps, tant mieux. Il y a dix ans, les maisons de disques demandaient aux artistes de chanter en anglais, maintenant, l’exigence c’est l’album en français ! Un drôle de retournement de situation. Un effet de mode ? Bien sûr, mais tant mieux ! C’est aussi l’éclosion d’artistes jeunes qui ont réussi à se libérer des influences écrasantes des grands de la chanson française, Gainsbourg, Bashung, Christophe…

Comment définiriez-vous cette nouvelle génération, et qui en sont les représentants ?

J.A. : La bonne chanson française, on le redécouvre, c’est de la musique savante, bien orchestrée, et des paroles intelligentes. Il y a un mouvement générationnel, parmi lequel se distinguent de nombreux talents : Camille, cet ovni sublime, toujours en recherche d’autre chose, Fishbach, Clara Luciani, Blondino, Flavien Berger, Angèle, Eddy de Pretto, les groupes Paradis, Pépite, L’Impératrice, ou encore Feu ! Chatterton…

(...)

par Nathalie Lacube, le 22/04/2018




Publié par Régis RAVAT le 01 avril 2019

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