À Madame la Ministre, Mme Rachida Dati : Pourquoi France « Music Week » ?
D'un Collectif d'associations de défense de la langue française*
Objet : Contre l'appellation en anglais « Music Week »
Destinataire : Mme Rachida Dati, ministre de la Culture, 3 rue de Valois, 75001 Paris
Lettre envoyée le mardi 4 mars 2025
Madame la Ministre,
« Je voudrais qu’on crée un grand festival comme on le fait à Miami ou Amsterdam, qui permette à tous les professionnels de la musique de se retrouver comme par exemple pour la Fashion Week, et d’avoir de très grands concerts et très grands festivals les jours qui précèdent avec, comme apothéose, la fête de la musique. »
Tels étaient les propos tenus par le président Emmanuel Macron l’an dernier.
Depuis, l’idée d’un carrefour d’échanges et de rencontres autour de la musique a fait son chemin.
Le 21 février, vous avez précisé : « Nous devons replacer la France sur la carte de la musique mondiale, encore mieux, valoriser la création artistique française et la richesse de ses talents ».
Cet événement aura lieu en juin prochain sous l’appellation - provisoire ? - de France Music Week.
Personne ne niera qu’il s’agit là d’une excellente initiative. Mais pourquoi choisir un nom en anglais pour faire rayonner la musique française ?
Quand, en 1966, Bernard Chevry a créé à Cannes le marché de l’industrie musicale, il a choisi l’acronyme français MIDEM (marché international du disque et de l’édition musicale), qui a connu un incroyable succès international.
Quand Jack Lang a créé la fête de la musique en 1981, il n’a pas eu l’idée saugrenue de la nommer « music day ». Elle est aujourd’hui reprise dans plus de cent pays sur les cinq continents.
Le Festival Interceltique de Lorient, les Vieilles Charrues, le Printemps de Bourges réunissent chaque année des dizaines d’artistes de tous les pays et des centaines de milliers de spectateurs sans qu’il y ait eu besoin pour cela d’angliciser le nom de ces évènements.
Les Francofolies de La Rochelle s’exportent au Québec, au Luxembourg, en Belgique, en Bulgarie avec un égal succès. Alors, s’agissant de musique, pourquoi ce triste tropisme pour la langue anglaise ? Pourquoi ne pas choisir la Semaine de la musique, la Semaine musicale, la Semaine des Accords, En avant la musique ou tout autre nom français ?
Nous savons que vous partagez notre souci de défendre la langue française, nous vous demandons donc de bien vouloir faire le nécessaire pour que la Semaine de la Musique soit nommée en français et non autrement.
En vous remerciant de votre attention, et dans l’espoir que notre demande ne restera pas lettre morte, nous vous prions d’agréer, Madame la ministre, l’expression de notre haute considération.
Signataires : ADELFY (9 rue d’Étape - 89300 Joigny), AFRAV (Association FRancophonie Avenir, 2811 chemin de Saint-Paul, Parc Louis Riel - 30129 Manduel), Avenir de la langue française (181 avenue Daumesnil - 75012 Paris), Cercle littéraire des écrivains cheminots (9 rue du Château-Landon - 75010 Paris), CO.U.R.R.I.E.L., Défense de la langue française (222 avenue de Versailles - 75016 Paris), Défense de la langue française Pays de Savoie (80 rue des Grands champs - 73190 Challes Les eaux), Entente Ile-de-France Québec (24 chemin des Roches Courteaux - 77810 Thomery), Fédération France-Québec Francophonie (5 Villa Méridienne, avenue René Coty - 75014 Paris), France-Louisiane Franco-Américanie (105 avenue Aristide Briand - 92120 Montrouge), HCILFF, Institut culture, économie et géopolitique (12 rue Abel - 75012 Paris) Justice pour la langue française (6 square Leon Guillot - 75015 Paris), Observatoire des libertés (250 chemin du Baguier - 13600 La Ciotat), Observatoire européen du plurilinguisme (3 rue Segond - 94300 Vincennes).
Copie : Délégation générale à la langue française et aux langues de France
Résumé de la lettre au format PDF
Publié par Régis RAVAT le 06 mars 2025
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Orthographe : sylvie.costeraste@laposte.net






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