Albert Salon : L’abandon du français, trahison des élites et Présidentielle de 2027 !
Albert Salon*, ancien ambassadeur, président d'honneur de l'association Avenir de la langue française, et cofondateur du Haut Conseil international de la Langue française et de la Francophonie, dénonce un effacement de la langue française.
Une déconstruction due à la fois à la volonté de l'Union européenne et à la faiblesse coupable de nos dirigeants. Pour lui, la langue française et la francophonie doivent être un enjeu de l'élection présidentielle de 2027.
*SALON, Albert : brève notice biographique. Albert Salon, ancien instituteur rural (de classe unique à tous les cours (1954/55), énarque (1962-64), docteur d'État ès lettres (Sorbonne 1981, sur « l’Action culturelle de la France dans le monde ») ; conseiller culturel et scientifique de nos ambassades : en Allemagne (1967-69), Australie, Québec, chef de mission de Coopération (Île Maurice), directeur au ministère de la Coopération, puis ambassadeur en Jamaïque ; commandeur du Mérite national, officier du Mérite béninois, chevalier de la Légion d’Honneur, des Palmes académiques, des Arts et Lettres, ainsi que du Mérite allemand (Bundesverdienstkreuz am Band) et de l’Ordre international de la Pléïade ; fondateur(1992) et président d’honneur d'Avenir de la langue française (ALF), cofondateur et président du Forum francophone international (FFI-France, qui lança en 2001 le projet Villers-Cotterêts adopté en 2017 par l’Élysée), cofondateur le 18 juin 2020 et Secrétaire général du Haut Conseil international de la Langue française et de la Francophonie, médaille Senghor de la Francophonie reçue en 2014 de M. Abdou Diouf, au siège de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), médaille d’or 2016 de la Société d’Encouragement au Progrès (SEP), reçue à l’École militaire. Directeur d’une émission régulière « le français en partage » à Radio Courtoisie patriote indépendante ». Ouvrages : « Colas colo, Colas colère », éd. l’Harmattan, 2008 ; « Une volonté française », préface
L'entretien sur TVLiberté !
Enjeux de la présidentielle 2027 et Langue française :
De 1958 à 1974, la France avait pu réaffirmer avec éclat son indépendance et sa puissance culturelle, politique, militaire, économique, sur le socle pluriséculaire de ses fondamentaux civilisationnels, et surtout linguistiques.
En 1974, par une conférence de presse à moitié en anglais, le nouvel hôte de l’Élysée, M. Giscard d’Estaing marqua une brutale rupture avec ces fondamentaux. Il inaugura la détrônisation du français et un demi-siècle de matérialisme mondialiste, de re-vassalisation corrélative à l’empire, et d’une offensive de plus en plus efficace de remplacement du français par l’anglais.
En 2026, un nouveau sursaut pour redresser le pays est devenu très urgent. La présidentielle de 2027 peut et doit être l’occasion de réaffirmer nos fondamentaux culturels par l’engagement d’en donner le signal politique en ré-intronisant (à peu de frais) le français en France. Le Haut Conseil a appelé tous les candidats à s’y engager par écrit dans leurs programmes. Aidez-les, avec la Constitution : « La langue de la République est le français ».
Albert.salon0638@orange.fr, ancien ambassadeur, au nom du Haut Conseil.
Présidentielle de 2027 : le dossier :
Langue française et Francophonie dans l’élection présidentielle 2027 : Vers le sursaut de redressement du pays par le signal de la ré-intronisation du français en France
En 2026, sous l’apparence, la France est un champ de ruines civilisationnelles, politiques, économiques ; ses territoires outre-mer sont mal protégés, mal développés, l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) se dégrade, le tout dans l’incurie de nos gouvernements, accentuée depuis 2020.
Parce que, depuis 1974, en un demi-siècle, le pouvoir régalien et les principaux medias ont voulu faire oublier aux Français leur histoire, les fondamentaux de leur civilisation à la fois gréco-latine et judéo-chrétienne, et leur langue porteuse d’une haute culture. Le but : noyer le pays en un « Occident » : l’empire euratlantique.
L’élection de 2027 peut et doit marquer l’urgent sursaut. Le Haut Conseil international de la Langue française et de la Francophonie (HCILFF, ou HC), créé le 18 juin 2020, transpartisan , fort de ses 38 associations et 200 personnalités (liste jointe), travaille au sursaut. Il a proposé à tous les candidats à l’Élysée de s’engager fermement, dans leurs programmes et discours électoraux, à revenir à nos fondamentaux, à sortir de notre vassalisation à l’empire, et à donner le signal du sursaut par la ré-intronisation de la langue française en France.
Car, pendant des siècles, depuis François 1 er et son ordonnance de Villers- Cotterêts (1539) jusqu’à l’élection de Giscard d’Estaing en 1974, la langue française a été, sous tous nos régimes, au cœur de notre politique intérieure pour solidifier l’unification du pays. Au cœur aussi de la politique extérieure de « la fille aînée de l’Église ». Un accord conclu entre François 1er et le Sultan ottoman Soliman le Magnifique, a confié à la France l’exclusivité de la protection des chrétiens d’Orient.
La France devint alors la plus grande pourvoyeuse mondiale de missionnaires catholiques romains (3/4 de Français en 1885) et protestants après 1822, en moindre proportion. L’État a toujours subventionné leurs écoles en français. Y compris – discrètement - sur ses fonds secrets* dans la période activement anticléricale des Paul Bert, Combes, Delcassé, législateurs en 1905 pour séparer l’Église et l’État, et en 1906 pour chasser de France les congrégations religieuses.
En somme, loin d’être une orientation parmi d’autres, le soin pluriséculaire du français a été une dimension essentielle, primordiale de tous nos gouvernements jusqu’en 1974 : besoin de grandeur rayonnante de nos monarques et oligarques (le roi-soleil ne fut pas le seul !) ; forte aide française sous tous nos régimes à l’expansion chrétienne extérieure**; rôle longtemps dominant du français langue diplomatique ; enfin politique coloniale, surtout en Afrique, critiquée de nos jours en partie légitimement, mais non génocidaire, elle, plus humaine et assimilatrice que d’autres, enseignant le français, de plus en plus par des laïques...
Les Français étaient peu au fait de ces riches leviers de puissance. On a même vite pu leur faire oublier dans ce domaine la brillante époque 1958-74 : à l’intérieur, 1ère loi protégeant le français de l’anglais ; à l’extérieur apogée de la politique culturelle d’État, et généreuse politique de Coopération pour le développement.
Des dirigeants suivants peu gaulliens ont donc pu agir sans craindre une contestation générale. Giscard put ainsi, dès 1974, annoncer l’avènement de la « vraie » modernité, plutôt américaine, en partie en anglais dans sa 1ère conférence de presse, sans déclencher un tollé. Alors qu’il détrônait ainsi le français, et ouvrait, bien loin de nos fondamentaux, un demi-siècle de domination du matérialisme mondialiste, de re-vassalisation corrélative à l’empire, et d’offensive de remplacement du français par l’anglais.
Préfigurant aussi la période 2017-2026 funeste pour les institutions du français subissant un démantèlement régalien. Notre Haut Conseil le dénonça dans sa lettre ouverte du 2/9/2024 adressée à l’Élysée (en PJ). Lettre fustigeant l’imposition illégale, par l’alliance Leyen-Macron en 2020, post Brexit, de l’anglais seule « langue commune » des institutions de Bruxelles. Condamnant aussi l’abolition de fait - aux JO Paris 2024 ! - du statut du français langue olympique officielle à l’écrit. Plus insidieux encore : M. Macron a, certes, fait sien dès 2017 notre projet associatif (2001) d’institut de la Francophonie mondiale à Villers-Cotterêts, pour occuper les 23000 m2 de surface utile au beau château de François 1er. Application intéressante du « en même temps », mais Institut réduit aux 2000 m2 du simple musée-mausolée du français, le reste étant vide. Or, la seule et très modeste institution internationale y introduite, par la Commission européenne, a pu annoncer que sa langue de travail y serait l’anglais !...
La culture de mort, l’acceptation des chaînes et de l’humiliation de la France et de sa langue, l’hypertrophie des fonctions économiques et marchandes chez nous, doivent cesser. La
présidentielle 2027 doit donc être l’occasion du nécessaire et urgent sursaut sur la base de nos fondamentaux, et du défi du retour d’une grande politique française. Retour à marquer par la ré intronisation du français-roi, annoncée dans les programmes et discours des candidats à l’Élysée, à réaliser aussitôt par l’élu dans des décrets d’application de l’art. 2 de notre Constitution : « La langue de la République est le français », que nos associations avaient réussi à y introduire en 1992 grâce à nos amis parlementaires.
La France doit retrouver sa puissance ; ou regarder passer les trains puis se coucher sur les rails, pour en arrêter. Il est d impératif de choisir l’ambition !
Le français, vision originale du monde, manière de penser, part de notre liberté collective, n’est pas qu’un héritage ; il a été et doit redevenir un instrument stratégique, une langue d’influence, de création et de progrès, active dans les sciences et la révolution numérique, l’économie, la diplomatie, les arts.
Nous devons appliquer sans failles l’article 2 de notre Constitution, rétablir pleinement la langue de la République à tous les niveaux de l’enseignement et de la formation, la rendre à nouveau obligatoire dans les institutions européennes, relancer vivement la francophonie internationale, renforcer notre aide au développement avec une très forte priorité aux pays francophones d’Afrique...
Albert Salon, docteur d’État ès lettres, ancien ambassadeur, Secr. général du HC.
* Notre envoyé en Turquie interrogeant en 1793 la Convention sur la conduite à tenir à l’égard des
œuvres d’enseignement de nos nombreux missionnaires dans l’empire, reçut la réponse : « Le citoyen Semonville n’oubliera pas qu’en Orient, le catholicisme, c’est la Nation ».
**Citations historiques et données chiffrées sont tirées de ma thèse de doctorat d’État ès lettres (Sorbonne, mars 1981, à la BN).
Exemple de lettre à envoyer aux candidats à l'élection présidentielle d e 2027
À Monsieur Jean-Luc Mélenchon, député de la Nation et candidat à l´élection présidentielle de 2027,
Monsieur le Député candidat,
Au nom du Haut Conseil international de la Langue française et de la Francophonie (HCILFF), j’ai adressé le communique de presse et le dossier ci-joints à tous les candidats déclarés et potentiels à l’élection présidentielle de 2027. Car notre Haut Conseil poursuit, et renforce, depuis sa création le 18 juin 2020, son combat transpartisan, fort de ses 38 associations pour le français (dont 31 en France), et de ses 200 personnalités membres dont la liste est jointe ainsi que la présentation de ses actions.
Sa campagne actuelle vise à faire de la présidentielle l’occasion de revenir aux fondamentaux de la France et de ré-intrôniser sa Langue nationale.
Vous pensez comme plusieurs candidats et nous, que la France, dont le peuple demande à sortir d’urgence du chaos et de la vassalisation, ne peut se permettre, en 2027, de « rater » cette excellente occasion de sursaut, de faire écho et suite aux élans salvateurs de 1944 et 1958, les derniers dignes de notre longue histoire...
Certes, aujourd’hui, la plupart de nos « élites » doivent être « réveillées ». Car elles ont baigné dans l’engourdissement du demi-siècle écoulé, mondialiste depuis 1974, qui marqua la rupture avec la dernière grande époque 1958-1974 de notre histoire, enfouie. 1974 fut en effet, avec l’élection M. Giscard d’Estaing, une rupture nette. Sa 1ère conférence de presse, à moitié en anglais, n’a pas seulement symbolisé la détrônisation du français en France, mais encore l’occultation de nos fondamentaux civilisationnels. La rupture annonçait en effet l’avènement d’une « vraie modernité », essentiellement américaine...
Allait en effet s’ouvrir chez nous, dans ce demi-siècle 1974-2026, le règne du matérialisme mondialiste, une période de re-vassalisation corrélative à l’empire anglo-américain, et d’avancée rapide de l’offensive mondiale de substitution de l’anglais au français, « grand remplacement », plus dangereux encore que le démographique-religieux. Ce demi-siècle 1974-2026 s’est achevé à partir de 2017 dans le démantèlement - illégal mais organisé par l’État lui-même - du français dans son statut public : fin en 2020 de la langue de travail dans l’UE à l’occasion du Brexit ; puis fin de la langue officielle et de travail des Jeux Olympiques, cela en France même, aux JO de Paris 2024 ! Ironie…
Ironie toujours, non du sort, mais de la politique gouvernementale, dans cette révélation : le château de François 1er à Villers-Cotterêts, magnifiquement restauré, n’hébergerait pas tel quel notre projet associatif de 2001 !...Ce fut pourtant bien lui qu’avait accepté publiquement le couple Macron en 2017, confirmé le 20 mars 2018, journée mondiale de la Francophonie. Cela dans une conférence de presse à l’Académie française sur sa politique de français et Francophonie, reprenant les têtes de chapitre de notre projet associatif de 2001. Tromperie, car simple promesse dans un « en même temps » toujours déséquilibré. Promesse trop ambitieuse pour être honorée, la politique réelle du Président étant contraire...Le superbe projet fut en effet drastiquement réduit. À un beau, mais simple, musée-mausolée du français n’occupant que 2500 des 23000 m2 de surface utile. Les vastes communs restant vides 30 mois après l’inauguration d’octobre 2024. Fut alors acceptée la modeste offre de la Commission européenne d’y installer une « Alliance des technologies des Langues » Or, peu après, la presse publia un appel d’offres pour recruter son directeur, précisant que la langue de travail y serait l’anglais. À Villers-Cotterêts !...
Monsieur le Député, notre rappel de ce scandaleux démantèlement régalien de nos fondamentaux et du français vous permet de mesurer à quel point d’urgence nous en sommes pour saisir - à fond – la belle occasion de la présidentielle de 2027 et lancer le signal du sursaut national, impulser l’élan nécessaire au redressement de la France dans les domaines d’abord civilisationnel, culturel, politique, puis économique et financier ! Ce signal peut et doit être l’engagement très ferme, primordial, de candidats à l’Élysée de ré-introniser le français. Les documents joints en exposent les raisons. L’une des premières tient au fait que notre langue fait éminemment partie de notre patrimoine qui « est ce qui nous unit et nous rassemble » (S. Bern). Elle reste un facteur majeur de consensus public, de terrain d’entente pour des alliances électorales. Pour votre part, candidat en 2017, vous aviez jugé bon, avec l’aide de tous les éléments que nos associations et son ami Bernard Cassen (membre du Haut Conseil) vous avaient alors fournis, de publier à vos frais une Charte de la Francophonie qui avait belle allure !...Il y a seulement 9 ans : c’est très actuel...
Paragraphe 25 du programme de la France Insoumise !
Cliquez sur la photo pour plus de détails :
Monsieur le Député et Président, la plupart des candidats, malgré tous nos efforts, sont encore peu au fait de ce que perçoit et espère encore notre peuple dans ses tréfonds. Si vous vous en êtes pénétré, vous pourrez le crier de manière crédible ! Vous vous élèverez alors au rang de guide de la Nation !
J’ajoute que bien des évolutions se mettent à justifier le sursaut français, à le rendre urgent pour nous, et important pour bien d’autres selon l’ancestrale « mission de la France », servie aussi par ses révolutionnaires de 1789 :
- Le peuple français grondant ne veut plus subir le chaos actuel, sa vassalisation, son démantèlement, l’occultation de ses fondamentaux et de sa langue nationale. Son refus oblige les candidats de 2027 à reciviliser la société, à la réformer en profondeur, dans un sursaut métapolitique. Dans sa lettre d´engagement ci-dessous, le vice-président de LR l´exprime clairement. À suivre...
- L’Union européenne, au service des Anglo-saxo-germains, qui a illégalement imposé l’anglais langue de travail quasi unique, en dérive autocratique et dictatoriale de la présidente de sa Commission de plus en plus contestée, va devoir rendre le pouvoir aux nations membres.
- Les États-Unis – non seulement leur président - s’enfoncent dans leur matérialisme-mondialisme. Ils s‘éloignent de leur rôle protecteur de l’Europe. Celle-ci se remet à penser par elle-même, et d’abord par ses nations, chacune selon son histoire, sa ligne, son destin...
- La Chine ferme chez elle nombre de formations en anglais, et, surtout, affaiblit l’empire américain en œuvrant partout à la dé-dollarisation de l’économie et des finances mondiales, suivie en cela de plus en plus par la Russie et les BRICS. L’hégémonie impériale EU et la domination mondiale de l’anglais ne sauraient donc être éternelles...Moment propice...
- En Angola lusophone, voisin au sud des deux Congos francophones, le gouvernement vient d’introduire l’obligation de la langue française dans ses écoles primaires.
- Enfin, Mme Mushikiwabo, ex- ministre ruandaise du président Kagamé, Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), annonce dans son récent rapport que le français compte maintenant près de 400 millions de locuteurs, s’élevant ainsi du 7ème au 4ème rang des langues du monde.
Notre Haut Conseil est à votre disposition, avec l’expression de notre haute considération et du vif espoir que nous plaçons en vous.
Albert Salon, docteur d’État ès lettres, ancien ambassadeur de la France, fondateur et Secrétaire général du HCILFF.
Publié par Albert SALON le 03 mai 2026
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Orthographe : sylvie.costeraste@laposte.net







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