Quand l’épreuve d’anglais ne devient plus éliminatoire !
Récemment, nous avons appris que le président du jury du concours de l’Institut National du Service Public, l'INSP, Jean-François Verdier, ne considérait pas comme nécessaire que tous les futurs fonctionnaires parlent couramment anglais dès leur entrée en scolarité.
Mine de rien, cette apparente bonne nouvelle, cache tout le décor de notre anglicisation : anglais obligatoire pour nos enfants dès le CP (7 ans), suivi d'un parcours scolaire balisé par l'anglais, pour finir devant une université ou une grande école où l'anglais est obligatoire, voire où les cours sont directement donnés en anglais.
L'intervention de M. Jean-François Verdier montre tout de même que jusqu'à maintenant, celui qui passait le concours pour entrer à l'INSP, ex-ENA, s'il avait une note inférieure à 10/20 à l’oral d’anglais, était éliminé, et cela, quand bien même s'il parlait couramment espagnol, italien, allemand, portugais ou russe, quand bien même s'il maniait notre langue avec la verve et l'argumentaire de nos plus grands philosophes, quand bien même s'il connaissait le droit administratif sur le bout des doigts, etc. L'anglais obligatoire, c'est tout de même une injustice par rapport aux autres langues étrangères, un manque de respect et d'ouverture à l'égard de la diversité des langues, donc des cultures du monde ! Les futurs hauts fonctionnaires sont donc piqués à l'idéologie de l'anglais-roi dans l'école qui va les former, et s'ils ne parlent pas couramment anglais dès leur entrée en scolarité, que cela ne tienne, l'INSP se chargera de combler leur lacune. On notera que si l'apprentissage de deux langues étrangères est obligatoire pour aller jusqu'au baccalauréat, à la porte de l'INSP, on ne vous en demandera qu'une, et si parmi les deux que vous avez apprises, il n'y a pas l'anglais, alors vous resterez dehors, et vous ne serez pas haut fonctionnaire, tant pis pour vous ! Ainsi, on s'aperçoit qu'à l'INSP, la seule langue étrangère qui ait droit de cité, c'est l'anglais. Comment s'étonner dès lors qu'il y ait de plus en plus d'anglais dans la sphère publique : marques en anglais, évènements nommés en anglais, sites en bilingue français-anglais, interventions publiques en anglais, etc. L'Afrav a en ce moment, près de 30 procès contre des faits d'anglomanie émanant d'autorités publiques, espérons que ces actions viennent aux oreilles des élèves de l’INSP et qu'ainsi, en apprenant qu'il existe une loi pour défendre le droit au français et qu'il y a des gens qui résistent contre l'anglicisation du pays, espérons que parmi les hauts fonctionnaires en formation, certains finissent par comprendre que l'anglais partout, c'est la France nulle part. Haut les cœurs !
Concours de l’INSP (ex-ENA) : l’épreuve d’anglais ne doit plus être éliminatoire !
« Il n’est pas nécessaire que tous les futurs fonctionnaires parlent couramment anglais dès leur entrée en scolarité », a déclaré Jean-François Verdier.
Par Eloi Passot
En 2026, l’oral d’anglais pourrait ne plus être éliminatoire pour entrer à l’INSP (ex-ENA). C’est du moins le souhait du président du jury, Jean-François Verdier, qui est revenu sur la session 2024 du concours quinze jours après la publication du rapport du jury. Parmi ses recommandations, la suppression du caractère obligatoire de la note d’anglais. Jean-François Verdier précise dans un entretien à l’AEF que ce changement pourrait survenir non pas cette année, « l’arrêté relatif au concours ayant déjà été publié », mais qu’il a « bon espoir » que ce changement advienne en 2026.
Depuis la réforme du concours mise en application depuis 2024, une note inférieure à 10/20 est éliminatoire à l’oral d’anglais. « Je trouve que cette note éliminatoire est absurde, a fortiori pour une épreuve dont le coefficient est 1. Il n’est pas nécessaire que tous les futurs fonctionnaires français parlent couramment anglais dès leur entrée en scolarité. Et si un candidat n’a pas un niveau suffisant, il a deux ans pour être formé à l’INSP. Certains candidats qui avaient eu d’excellentes notes aux épreuves écrites et à l’oral ont été éliminés du fait de cette règle », a expliqué Jean-François Verdier.
« Le temps de "Questions pour un champion" est fini »
Le président du jury a insisté sur l’importance pour les candidats de répondre de façon argumentée. « Ils peuvent parfaitement dire qu’il faut taxer davantage les retraités devant un jury composé de retraités ou de préretraités, dès lors qu’ils argumentent », a-t-il souligné, non sans humour. Une référence directe au rapport du jury qui reprochait déjà aux candidats de proposer de ponctionner les retraites sans argumenter... alors qu’une partie du jury est composée de retraités ou de préretraités ! « Le temps de "Questions pour un champion" est fini. Les questions n’appellent plus des réponses blanches ou noires. L’essentiel est que les candidats argumentent », a martelé Jean-François Verdier.
Éloi Passot
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Source : etudiant.lefigaro.fr, le vendredi 21 février 2025
Publié par Régis RAVAT le 24 avril 2025
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Orthographe : sylvie.costeraste@laposte.net




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