En Angola, le français devient une matière obligatoire (dès le primaire) !
Plus vaste que les onze pays d’Europe de l’Est membres de l’UE réunis, l’Angola a décidé de faire du français une matière obligatoire, dès le primaire. Cette mesure lui permettra notamment de renforcer ses liens avec la vaste Afrique francophone, dont la population vient de dépasser les 500 millions d’habitants et qui constitue, globalement, la partie économiquement la plus dynamique du continent.
Par Ilyes Zouari
Le gouvernement angolais a validé en juin dernier le projet d’introduction du français en tant que langue étrangère obligatoire au troisième cycle de l’enseignement primaire. L’Angola est un vaste pays lusophone d’Afrique centrale, s’étendant sur une superficie de 1 247 000 km2 et comptant 39 millions d’habitants. Sa population devrait atteindre environ 75 millions en 2050, et dépasser à terme celle de l’ensemble constitué par les onze pays d’Europe de l’Est membres de l’Union européenne, dont la population totale est en baisse constante et se situe actuellement à 99 millions d’habitants. Par ailleurs, l’Angola est également le troisième producteur africain de pétrole, après le Nigeria et la Libye (avec une production quatre à cinq fois supérieure à celles du Gabon et du Congo), ainsi que le quatrième producteur mondial de diamants.
La langue française obligatoire aux 5e et 6e années du primaire !
Alors qu’il n’était jusqu’à présent qu’optionnel, plutôt enseigné au secondaire et à un nombre plus ou moins important d’élèves selon les régions (principalement dans les territoires limitrophes de la RDC voisine), le français est désormais une langue obligatoire sur l’ensemble du territoire national, et ce dès les deux dernières années de l’enseignement primaire. La mise en œuvre de cette réforme, qui avait en réalité déjà commencé dans un certain nombre d’établissements pilotes à la rentrée de l’année scolaire 2024-2025, se fera de manière progressive jusqu’à atteindre la totalité des établissements scolaires du pays à la rentrée 2028.
L’Angola, ou le français était une langue obligatoire pendant la colonisation portugaise et les premières années d’indépendance, se met ainsi au diapason des pays lusophones d’Afrique de l’Ouest (Cap-Vert et Guinée-Bissau) et d’Afrique centrale (Sao Tomé-et-Principe), qui ont toujours maintenu le caractère obligatoire de la langue française (généralement en tant que première langue étrangère). De même, il s’aligne sur les pays anglophones d’Afrique de l’Ouest l’ayant également rendu obligatoire, au cours des deux dernières décennies (même si les moyens ne permettent pas toujours une application généralisée des mesures décidées).
Se rapprocher de la zone la plus dynamique économiquement du continent
Cette réforme du système éducatif permettra à l’Angola de renforcer ses liens avec l’Afrique francophone voisine (le pays partageant des frontières communes avec le Congo-Brazzaville et la RDC, peuplée de 114 millions d’habitants), et notamment ses relations économiques avec ce vaste ensemble qui vient de dépasser les 500 millions d’habitants en 2025 (504 millions au 1er janvier 2026), et qui constitue globalement la zone la plus dynamique économiquement du continent africain. En effet, et à partir des dernières données publiées par la Banque mondiale au mois de janvier, l’Afrique subsaharienne francophone, regroupant 22 pays, a été le moteur de la croissance économique continentale pour la douzième année consécutive en 2025, avec une progression globale de 4,9 %, contre 3,4 % pour le reste de l’Afrique subsaharienne. Sur la période de douze années allant de 2014 à 2025, sa croissance annuelle s’est ainsi établie à 4,1 %, contre seulement 2,1 % pour le reste de l’Afrique subsaharienne.
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Sa biographie
Chercheur indépendant, expert en démographie et en géopolitique, et spécialiste du monde francophone.
Président fondateur du CERMF (Centre d’étude et de réflexion sur le monde francophone).
Auteur de nombreux articles et rapports, ancien collaborateur et membre de l’équipe dirigeante de la revue Population1 & Avenir, et auteur du « Petit dictionnaire du Monde francophone » (éditions L’Harmattan, 2015).
Le CERMF (Centre d’étude et de réflexion sur le monde francophone)
91 rue du Faubourg-Saint-Honoré, 75008 Paris
+33 (0)1 41 51 20 59
Adresse-courriel : info@cermf.org
Présence sur la Toile : www.cermf.org
Publié par Régis RAVAT le 20 mars 2026
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Orthographe : sylvie.costeraste@laposte.net





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