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Jean Tirole, prix Nobel français d'économie, un traître à la langue française !

À Stockholm, Jean Tirole a fait son discours en anglais, jugeant, somme toute, que la langue française n'est pas adaptée pour un Nobel. Par ailleurs, il publie ses travaux en anglais, et enseigne la plus part du temps dans cette langue à la " School of Economics" de Toulouse !

Quand ce monsieur dit que « Tout économiste est au service du bien-être de l'homme »,  j'aimerais bien le voir, alors, au service de ce bien-être sur le plan linguistique.

En effet, le bien-être de l'homme réside aussi de la préservation et dans le respecter de la diversité des langues qu'il parle. Et la première chose à faire pour cultiver ce bien-être et sauver cette diversité, ce serait que monsieur Tirole parle français, puisqu'il est Français ! En parlant l'angliche, ou plutôt l'anglo-américain, à Stockholm, Jean Tirole n'a donc pas participé au bien-être linguistique mondial, il n'est donc pas au service du bien-être de l'homme. En parlant la langue hégémonique du moment, il a contribué non seulement à tuer la langue française sur le plan international, à tuer la diversité linguistique, mais il nous a prouvé qu'il n'était qu'au service de l' "american way of life", de l'ultralibéralisme, du libre-échangisme mondial sans foi ni loi, du règne des banquiers et de la mort des peuples. Triste sire ! 

Prix Nobel : est-il ringard de parler français ?

Le prix Nobel, depuis 1901, récompense des esprits « ayant apporté le plus grand bénéfice à l'humanité », suivant les termes du testament d'Alfred Nobel. La France entière s'est donc réjouie à bon droit que le prix Nobel d'économie soit décerné à l'un de ses enfants, Jean Tirole. À son œuvre ainsi distinguée, l'universitaire ajoute d'ailleurs des qualités de modestie et de discrétion très rares.

Pourtant, on ne peut se déprendre d'une certaine gêne en écoutant Jean Tirole, lors de la réception de son prix à Stockholm, prononcer son discours… en anglais. Assurément, il n'est pas le premier prix Nobel français récompensé dans une discipline scientifique à délaisser la langue de Molière pour celle de Shakespeare dans cette occasion solennelle. C'est presque devenu l'usage depuis plusieurs décennies. Nul ne paraît s'en étonner. L'anglais n'est-il pas devenu la langue de travail des chercheurs du monde entier ? Un universitaire français n'est-il pas obligé d'écrire en anglais pour être publié dans les revues internationales de référence ?

Ces observations n'épuisent pourtant pas la question. Le discours de réception du Prix Nobel n'est pas censé s'adresser à un cénacle de professionnels, mais, suivant les termes d'Alfred Nobel, « à l'humanité ».

Dès lors, serait-il déplacé qu'un Prix Nobel français, dans une circonstance aussi solennelle - son allocution est regardée par les francophones du monde entier, à Beyrouth, Rabat, Douala et Montréal - s'exprime en français et affirme ainsi la vocation universelle de notre langue ? En jugeant tout naturel de s'adresser au monde en anglais, quel curieux message adresse-t-on, de surcroît, à tous les non-francophones qui nous font l'amitié d'apprendre encore le français ?

La langue revêt une dimension politique. En 1634, Richelieu a créé l'Académie avec pour mission de faire du français le « latin des modernes », c'est-à-dire la langue de référence des élites européennes. Au XVIIIe siècle, on parle français dans toutes les cours d'Europe. Voltaire améliore le style de Frédéric II. L'impératrice de Russie, Catherine II, converse dans l'intimité avec ses enfants en français. Casanova rédige ses Mémoires dans notre langue. En 1814 et 1815, tous les travaux du congrès de Vienne, qui vont aboutir à redessiner la carte de l'Europe pour un siècle, se déroulent en français. Le prestige et le rayonnement de notre langue ne fléchissent pas jusqu'à la Grande Guerre.

Dans la deuxième moitié du XXe siècle encore, le prestige international de la littérature française est très réel. L'Irlandais Samuel Beckett, le Roumain Emil Cioran et son compatriote Eugène Ionesco ont écrit tout ou partie de leur œuvre en français. De même qu'aujourd'hui Milan Kundera, François Cheng et Andreï Makine, respectivement d'origine tchèque, chinoise et russe.

Bien sûr, on ne rendra pas au français sa prépondérance passée. L'hégémonie de l'anglais, fondée sur la puissance américaine, est irréversible. Le président du Conseil européen, le Polonais Donald Tusk, « tweete » exclusivement en anglais. Nul ne songe à lui rappeler que le français est une des trois langues de travail de l'Union et qu'il serait donc bienvenu que le président du Conseil européen apprenne les rudiments de la langue de Molière. Au sein de la Commission, 40 % des documents étaient rédigés en français à la fin des années 1990. Ils ne sont plus que 15 % au mieux aujourd'hui. Seule la Cour de justice de l'Union européenne travaille encore en français. De même, à chacun des Jeux olympiques, le français, langue officielle de la compétition au même titre que l'anglais grâce à Pierre de Coubertin, n'est pas à la fête.

« Les élites françaises mettent souvent un point d'honneur à délaisser notre langue. »

Comment s'étonner d'un tel déclin ? Les élites françaises mettent souvent un point d'honneur à délaisser notre langue. Le monde de l'entreprise est submergé d'anglicismes pour la plupart inutiles. Un sabir anglais qui n'apporte rien ("bachelor", "master") a envahi l'enseignement supérieur.

Certes, il faut vivre avec son temps. Il est loisible à l'état-major d'une grande entreprise française du CAC 40 de tenir une vidéoconférence en anglais avec des cadres disséminés sur les cinq continents. Mais est-il convenable qu'un responsable de très haut rang de l'Administration Obama ait été reçu dans une grande école publique française pour un échange avec les étudiants qui s'est déroulé intégralement en anglais non traduit, y compris la présentation de l'invité par le directeur - à la grande surprise des élèves étrangers présents dans l'amphithéâtre ? Faut-il voir dans ce dernier exemple une preuve d'ouverture ou une marque de snobisme ?

Rien de plus distingué, pour certains décideurs, que de ne pas parler français en public à Paris.

Assurément, Jean Tirole, pour sa part, échappe à ce travers. C'est par nécessité qu'il a cru devoir prononcer son discours en anglais. Mais ses compatriotes, du même coup, ont senti que son allocution ne leur était pas destinée et ne lui ont guère prêté attention. Alors qu'ils avaient été si fiers, en 1906, de lire le discours de Pierre Curie, qui les avait touchés par ces mots simples : « Permettez-moi d'abord de vous dire que je suis heureux de parler aujourd'hui devant l'Académie des sciences qui nous a fait, à Mme Curie et à moi, le très grand honneur de nous décerner un prix Nobel. »

Source : Lefigaro.fr, le mercredi 10 décembre 2014



Protestons auprès du président de la République

Dans la série, on ne rigole pas avec la politique du tout-anglais :

Demandons à François Hollande s'il trouve normal que notre prix Nobel d'économie, Jean Tirole, pour recevoir sa distinction, ait fait son discours en anglais, à Stockholm.

Demandons-lui, aussi, s'il n'a pas l'impression qu'avec la loi Fioraso, légalisant l'enseignement EN anglais dans nos universités et qu'avec l'anglais obligatoire dès le CP dans nos écoles (loi Peillon de 2013), la situation de notre langue ne va pas aller de mal en pis ?

 

 




Publié par Régis RAVAT le 10 décembre 2014

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