Construire
l’Europe : grâce aux Français et au français !

La
politique réserve heureusement quelques moments de bonheur.
En
voici un bel exemple :
Travailler
avec un des derniers grands Français, jeune homme de 88 ans, plein
d’idées de projets et de convictions, sur un sujet
aussi passionnant que la langue française et la construction européenne,
n’est-ce pas une chance et même un privilège ?
En
effet, avec Maurice Druon, nous avons créé un Comité pour la langue
du droit Européen composé de très nombreuses personnalités françaises
et étrangères.
Nous
nous réunissons souvent et travaillons beaucoup à partir d’une idée
simple et de bon sens :
Comment
bâtir l’Europe, avec bientôt 27 pays, sans posséder une langue de
référence, qui fasse foi en cas de contestation sur les textes ?
Comment
faire quand un mot, une phrase peuvent avoir plusieurs significations
en fonction des traductions ? Comment sécuriser juridiquement la
maison Europe si, au gré de ces traductions, les accords, traités,
circulaires, n’entraînent pas la même compréhension pour chacun
des pays membres de l’Union ?
Entendons
nous bien, il n’est pas question de se lancer dans un combat
d’arrière garde, d’un autre âge.
Il
n’est pas question de contester à la langue anglaise sa prééminence
dans le commerce, les affaires, les finances et même les sciences*.
Par
contre, la richesse de la langue française ne doit-elle pas jouer un
rôle majeur en matière juridique, dans le droit, les lois qui
doivent régir cette Europe qui a tant de difficultés à monter en
puissance ?
Et
ce d’autant plus que notre histoire nous y pousse, nos amis étrangers
sont souvent d’accord, même des anglais !
Une
fois de plus, il faut commencer par convaincre les nôtres, les Français,
ceux qui n’osent pas appliquer le règlement de Bruxelles qui font
du français et de l’anglais les langues officielles de la communauté !
Ceux
qui par une sorte de complexe d’infériorité cèdent sans avoir
combattu, reculent sans panache et s’excusent presque pour une sorte
de repentance mal placée d’un passé (trop ?) glorieux de
notre pays !
La
langue française comme langue de référence peut devenir une réalité
si nous y croyons d’abord nous-même.
À
la lecture de la composition des membres de notre comité, vous
constaterez que beaucoup y croient et non des moindres !
Avec
l’entrée de la Roumanie et de la Bulgarie au 1er janvier prochain,
14 Pays francophones sur 27 composeront l’Union, c’est-à-dire une
majorité.
Le
sommet de la francophonie qui s’est récemment tenu à Bucarest a
bien mis en valeur l’attrait de nombreux pays pour notre langue.
Notre Président de la République a prononcé un discours engagé en
sa faveur. Au fait, que diraient nos
candidats à la prochaine élection sur le sujet ? Nous allons le
leur demander...
Nous
nous déplacerons bientôt à Bruxelles pour remotiver nos députés
et nos fonctionnaires qui, semble-t-il, n’attendent que cela.
Enfin,
avec nos amis et tous ceux qui nous soutiendrons, avec Maurice,
l’auteur des grandes familles, des rois maudits, du chant des
partisans et de tant d’autres chefs d’œuvres , nous plaiderons
pour l’instauration de Codes Européens.
Comment
voulez-vous construire une véritable Europe sans codes législatifs
communs ?
Véritable
travail de refondation qui nécessite de dégager nos valeurs communes :
C’est tout le fond du problème.
Et
tout ceci, en français, bien sûr !
12
octobre 2006, Jean-Paul GARRAUD
Vice-Président
du Comité pour la langue du Droit Européen.
Membres
du Comité pour la Langue du Droit Europeen
*
NOTE DE L'A.FR.AV :
Monsieur
le Député,
Nous
sommes très heureux d'apprendre que vous vous battez pour la langue
française. Bravo et honneur à vous.
Nous
avons lu votre tribune "Construire l'Europe grâce aux Français
et au français".
Un
passage nous a particulièrement plu : Au
fait, que diraient nos candidats à la prochaine élection sur le
sujet ? Nous allons le leur demander...
Un
autre nous a laissé dubitatifs : Il
n’est pas question de contester à la langue anglaise sa prééminence
dans le commerce, les affaires, les finances et même les sciences.
Pardonnez-nous,
mais, si pour avoir la prééminence du
français dans le droit européen, il faut accepter de perdre sur tous
les autres terrains, nous ne voyons pas l'avantage pour notre langue.
C'est un peu comme si vous échangiez l'Australie pour l'îlot de
Clipperton, vous gagnez un îlot, mais vous avez perdu l'essentiel.
Recevez,
Monsieur le Député, l'expression de toute notre considération.
Régis
Ravat
Président
de l'A.FR.AV
www.francophonie-avenir.com