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La nouvelle présidente du CIO ne connaît pas la première langue officielle du CIO !

Si le 20 mars était la Journée mondiale de la Francophonie, c'était aussi le jour de l'élection du nouveau président du Comité International Olympique, le CIO.

Cette élection se passait en Grèce, à Costa Navarino, et elle se déroula entièrement en anglais, alors que, comme nous le savons, les deux langues officielles du CIO sont le français (en premier) et l'anglais (article 23 de la Charte olympique).

La Charte olympique, son-article 23 sur les langues

 

La question qu'il faudrait se poser !

À quoi ça sert que la langue française soit la première langue officielle du CIO, si c'est pour que tout ce qui s'y fait et s'y organise, se fasse en anglais ?

De plus, ne serait-il pas logique, étant donné que le français est la première langue officielle de cet organisme et que, de plus, cet organisme siège en Suisse, à Lausanne, une ville francophone, que tous les candidats qui postulent à un poste pour y travailler, parle à minima le français. 

Or, c'est loin d'être le cas.

Si nous prenons l'exemple de Kirsty Coventry qui vient d'être élue présidente du CIO en remplacement de Thomas Bach qui ne se représentait pas, nous constatons qu'elle ne parle pas français, c'est-à-dire qu'elle ne parle pas la première langue officielle du CIO.

Kirsty Coventry est une championne olympique zimbabwéenne de natation, elle a été membre du Comité International Olympique durant 8 ans de 2012 à 2020, mais n'a pas appris le français pour autant.

Comment cela est-il possible dans un organisme où la première langue officielle est le français ?

Kirsty Coventry, présidente, CIO

Par contre, si on prend le cas du Français Tony Estanguet, élu également au Comité International Olympique, comme Kirsty Coventry, lui, il s'est empressé d'apprendre l'anglais, au point d'ailleurs d'être plus fier de parler cette langue au sein des instances du CIO que d'y défendre la place du français puisqu'on l'entend à tout va y parler anglais. 

Tony Estanguet, un anglomane au CIO à Lima au Pérou en 2017

Ce que l'on peut constater encore, c'est qu'il en est ainsi dans tous les organismes internationaux où, sur le papier, la langue française est langue officielle et langue de travail, mais où, dans la réalité des faits, elle est balayée, ignorée, placardisée.

Le cas de la Commission européenne est flagrant. Cette commission a trois langues de travail dont le français, mais plus de 90 % de ce qui s'y fait se fait en anglais. Les autorités françaises laissent faire, pire, elles collaborent au suprémacisme anglophone en acceptant de recevoir textes et documents en anglais, et laissent ses représentants à Bruxelles, et ailleurs, s'y exprimer en anglais.

Et que dire de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, qui, en toute illégalité (voir les textes européens), parle en anglais partout lorsqu'elle parle au nom de l'UE, et cela dans la ferme intention de faire de cette langue, la seule langue officielle de l'UE.

Et la France laisse faire !

Même, lorsque la France excelle dans un domaine, le spatial, par exemple, avec sa base de lancement à Kourou en Guyane et la fusée Ariane, elle se laisse imposer l'anglais, et notamment dans la dénomination de l'Agence Spatiale Européenne (ASE) qui est connue en France et dans le monde entier sous le sigle anglais « ESA » pour « European Space Agency », et c'est toujours le sigle anglais « ESA » qui apparaît partout, même sur le spationaute français Thomas Pesquet. Récemment, l'Agence Spatiale Européenne a lancé l'opération « European Launchers Challenge », pour faire suite au programme « Boost » ! Eh oui, rien que des dénominations en anglais, alors que le français fait partie des langues officielles et de travail de l'ASE.

Thomas Pesquet, ESA, langue anglaise

Et la France laisse faire, comme d'habitude !

Nous pourrions parler également de l'OTAN où les deux langues officielles sont l'anglais et le français, mais où le français, comme au CIO, comme au sein de la Commission européenne, comme à l'Agence Spatiale Européenne, est largement ignoré des responsables et des cadres de cette organisation pro-américaine, au point que nos militaires se sont tous mis à l'anglais pour s'y intégrer et pour mieux la servir, et c'est même avec plaisir et honneur qu'ils vont parler anglais en Ukraine, un pays qui, de surcroit, voudrait entrer dans l'Organisation Internationale de la Francophonie (OIF).

Et la France se laisse faire, comme toujours !

Enfin, face à tous ces capitulards linguistiques, ayons une pensée pour quelqu'un qui parlait français à l'international : Michel Platini. Michel Platini vient d'être blanchi des accusations qui étaient portées contre lui et qui l'ont empêché d'être le président de la FIFA (Fédération internationale de football association) en 2016. Michel Platini s'exprimait en français lorsqu'il présidait l'UEFA (Union des associations européennes de football) de 2007 à 2015, et il se serait certainement exprimer en français à la tête de la FIFA, un organisme qui a le français parmi ses langues officielles. Un Francophone qui « OSE » s'exprimer en français dans une instance internationale où le français figure parmi les langues officielles, à l'heure où tout le monde se plie à la dictature du tout-anglais, ça mérite le respect et les honneurs. Espérons que ce ne soit pas pour cette raison qu'on l'ait sali en 2016 afin que la FIFA n'ait pas un président francophone qui aurait parlé français dans ce milieu vendu à l'anglais, la langue du fric et de la pub, comme disait si bien Michel Serres, l'Académicien qui défendait la langue française.  



Le cas de la société France Télévisions et des images qu'elle a diffusées du CIO !

Comme nous l'avons tous constaté lors de la diffusion des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024, les images que nous donnait France Télévisions avaient des sous-titrages en anglais et uniquement en anglais.

Force a donc été de constater que France Télévisions, qui a acheté les droits de diffusion des images des JO au Service olympique de radiotélévision du CIO, n'a pas exigé, en vertu que les deux langues officielles du CIO sont le français et l'anglais, que les images données par cette agence aient des sous-titrages également en français.

 Wikipédia : Le Service olympique de radiotélévision, en anglais Olympic Broadcasting Services est une agence du Comité international olympique fondée en 2001 dans le but d'être le diffuseur hôte des Jeux olympiques et paralympiques à partir de 2008 et d'assurer la couverture médiatique des Jeux entre chaque édition.
Fondateur : Comité international olympique - Création : mai 2001

Dans cette histoire, France Télévisions, qui a pourtant parmi ses missions, celle de défendre et de promouvoir la langue française, n'a donc strictement rien fait pour défendre notre langue. 

La question à se poser pourrait être celle-ci :

Pourquoi, dans le sous-titrage des images que France Télévisions a achetées au Service olympique de radiotélévision du CIO, pourquoi France Télévisions n'a-t-elle pas exigé le respect plein et entier de la langue française, la première langue officielle du CIO ?

C'est connu, France Télévisions ne fait rien pour défendre notre langue.

Par exemple, lorsqu'on lui demande de faire en sorte que les titres anglais des séries ou des films qu'elle diffuse, soient traduits en français, elle nous répond que cela est impossible, car ces titres sont des marques déposées.

Mais quand on lui demande pourquoi alors cela ne fonctionne pas en sens inverse, comme, par exemple, la série française « Dix pour cent » qui est devenue chez les Anglophones « Call my agent », elle ne nous répond pas.

Pourquoi ce deux poids, deux mesures ? 

 

Sur les obligations de la société France Télévisions à l’égard de la langue française

France Télévisions a des obligations à l’égard de la langue française, obligations qui sont définies notamment dans la loi n° 86-1067 du 30 septembre 1986 relative à la liberté de communication (1), dans son cahier des Charges (2) et dans la Charte des antennes (3).

1 - Au niveau de la loi n° 86-1067 du 30 septembre 1986 relative à la liberté de communication.

Rappelons, l’article 20-1 de cette loi (Modifié par Loi n° 2009-258 du 5 mars 2009 - art. 44)
« L'emploi du français est obligatoire dans l'ensemble des émissions et des messages publicitaires des organismes et services de communication audiovisuelle, quel que soit leur mode de diffusion ou de distribution, à l'exception des œuvres cinématographiques et audiovisuelles en version originale. […] »

Rappelons, l’article 43-11 (5e paragraphe) de cette loi : 

« Les organismes du secteur public de la communication audiovisuelle, pour l'exercice de leurs missions, contribuent à l'action audiovisuelle extérieure, au rayonnement de la francophonie à la diffusion de la culture et de la langue françaises dans le monde. (...) ».

2 - Au niveau du décret n° 2009-796 du 23 juin 2009 fixant le cahier des Charges de France télévisions

Rappelons le dernier paragraphe du préambule de l'annexe de ce décret :

« […] la télévision de service public a vocation à constituer la référence en matière de qualité et d'innovation des programmes, […] ainsi que de promotion de la langue française. [...] » ?

Rappelons également l’article 39 de ce décret :

« La langue française

Tendant à être une référence dans l'usage de la langue française, France Télévisions contribue à sa promotion et à son illustration dans le cadre des recommandations de l'Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique.

Elle veille à l'usage et au respect de la langue française par le personnel intervenant sur ses services conformément aux dispositions de la loi n° 94-665 du 4 août 1994 et, notamment, proscrit les termes étrangers lorsqu'ils possèdent un équivalent en français. »

3 - Au niveau de la Charte des antennes de France Télévisions :

La Charte des antennes de France Télévisions dit dans son préambule : https://issuu.com/francetelevisions/docs/chartedesantennes_ftv_2020_pp

Préambule de la Charte des antennes de France Télévisions

Précisons que la Charte des antennes de France Télévisions a été établie en 2011 et qu’elle constitue un texte de référence sur des thématiques liées au droit à l'image, à l'utilisation des réseaux sociaux ou encore aux missions du service public

(source : https://www.francetelevisions.fr/groupe/nos-engagements/charte-des-antennes-93#:~:text=%C3%89tablie%20en%202011%2C%20la%20Charte,aux%20missions%20du%20service%20public).

Conclusion :

Puisque France Télévisions n'agit pas pour la langue française, nous l'avons attaquée en justice pour lui rappeler ses obligations en la matière. Depuis 2019, nous demandons que le « LIVE » de Laurent Delahousse, dans l'émission du dimanche « 20h30, le dimanche », soit remplacé par un terme français « DIRECT », « EN DIRECT »... Rien n'y a fait.

Alors, nous avons assigné France Télévisions devant le tribunal judiciaire de Paris : Assignation.

Selon le même processus, si nous voulons qu'aux prochains Jeux olympiques et paralympiques, les images diffusées par France Télévisions via le Service olympique de radiotélévision du CIO, aient des sous-titrages en français et pas seulement en anglais, nous n'avons pas d'autres possibilités que d'attaquer à nouveau France Télévisions en justice, devant le tribunal judiciaire de Paris.

C'est triste d'en arriver là, mais que faire face à des organismes publics censés, sur le papier, défendre et promouvoir la langue française, mais qui, en réalité, freinent des deux pieds pour ne pas gêner l'anglicisation en marche ?

À suivre...

 

 

 




Publié par Régis RAVAT le 25 mars 2025

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