Nos écoles sont gagnées par l'anglais comme nos banlieues le sont par la drogue !
Oui, c'est peu de le dire, mais c'est un fait, l'anglais a envahi notre système éducatif au point que désormais nos universités et grandes écoles se battent toutes, ou presque, pour donner, en plus de leurs dénominations en anglais (« Business School », par exemple), des enseignements directement en anglais, excluant le français.
Les partisans de la politique du tout-anglais règnent désormais sur nos écoles comme les trafiquants de drogue règnent sur les banlieues, le processus ayant été le même.
Au début, le phénomène était marginal, mais, peu à peu, devant l'inaction des responsables publics à vouloir arrêter les voyous, à refuser de voir plus loin que le bout de leur nez ou de leur mandat électif, le trafic de drogue n'a fait qu'augmenter, tout comme l'anglais dans nos écoles. Ainsi, les drogueurs sont devenus très puissants au point d'avoir la force destructrice, corruptrice et financière des mafias, et les angliciseurs, très envahissants au point d'éliminer notre langue dans des domaines de plus en plus nombreux. Au début, dans les années 70, on commençait à apprendre une langue étrangère en entrant en 6e (à l'âge de 11 ans). On avait alors le choix entre plusieurs langues, l'anglais, l'allemand, l'espagnol, l'italien, etc., il y avait ainsi une ouverture au monde dans sa diversité linguistique, donc culturelle, voire idéologique. Puis, peu à peu, l'ouverture aux langues étrangères LV1 (première langue étrangère vivante enseignée) s'est réduite pour n'être plus, dans la plupart des cas, que l'anglais, et l'anglais dès le CP, c'est-à-dire dès l'âge de 7 ans pour nos enfants. Ainsi, enfermés dans l'idéologie de l'anglais triomphant dès leur plus jeune âge, nos enfants sont prêts, sans discuter, arrivés à l'université, à avoir des cours directement en anglais, sans passer par le français, à se tourner vers le monde anglophone, sans se soucier de l'Espace francophone (le connaissent-ils ?) et à partir s'exiler, pour les plus arrivistes d'entre eux, aux États-Unis d'Amérique ou en Australie, enrichir ces pays de ce que la France leur aura appris. Bref, le monde anglophone pourrait dire merci à l'Éducation nationale qui n'a de nationale que que le nom puisqu'elle participe à angliciser nos enfants qu'elle persuade dès le CP que le français ne leur suffira pas sans la béquille de l'anglais, une Éducation nationale qui est loin de leur apprendre le respect de notre langue nationale et la fierté de bien la parler. Il est donc impératif de se mobiliser pour que les choses changent, et pour qu'elles changent, à défaut de convaincre nos politiciens de les faire changer, il nous faudra, nous, faire des procès à ces universités et grandes écoles françaises qui se vouent à l'anglais, des procès sur la base de la loi qui existe, tant qu'elle existe, car les nouvelles générations qui arrivent, anglicisées jusqu'au ras des oreilles, ne comprendront plus qu'il y ait une loi pour défendre la langue française et demanderont même son abrogation pour s'en débarrasser comme on se débarrasse d'un vieux cartable abîmé.
Constatations
L'anglais obligatoire dès le CP dans quasiment toutes les écoles de France, fait que désormais, il y a de plus en plus d'universités et de grandes écoles françaises qui donnent des formations, des masters et des licences 100 % EN anglais, puisqu'à 20 ans tout étudiant français est censé connaître l'anglais qu'il a appris dès l'âge de 7 ans à l'école primaire.
Ainsi, l'anglais peut ne plus être enseigné comme une langue étrangère seulement durant les cours d'anglais en classe d'anglais, mais l'anglais peut devenir et devient LA langue de l'enseignement dans un nombre croissant de cursus universitaires et de grandes écoles.
Voilà où nous en sommes arrivés à cause de nos politiciens qui, depuis plus de 50 ans, ont laissé faire, voire encourager, l'anglais s'installer partout dans notre système éducatif.
Combattre l'enseignement EN anglais dans nos universités et grandes écoles n'est donc pas facile tant l'anglomanie y est installée et tant l'esprit d'un grand nombre d'enseignants, d'élèves et de parents d'élèves est formaté à la politique de l'anglais-roi, de l'anglais, langue supérieure, de l'anglais, seule langue internationale.
Pourtant, l'article 1er de la loi n° 94-665 du 4 août 1994, loi dite Toubon, dit clairement que :
« - Langue de la République en vertu de la Constitution, la langue française est un élément fondamental de la personnalité et du patrimoine de la France.
Elle est la langue de l'enseignement, du travail, des échanges et des services publics.»
En vertu de la Constitution française, la langue de l'enseignement est donc le français.
Comment expliquer alors que l'anglais soit de plus en plus LA langue d'enseignement dans de toujours plus nombreux masters, formations et licences ?
Pour tenter de contourner le fait que normalement, et constitutionnellement, la langue de l'enseignement en France est le français, ou plutôt pour tenter de légaliser l'enseignement EN anglais qui s'est peu à peu imposé en France puisque personne n'a réagi dès les premières tentatives de sa mise en place, divers gouvernements ont voulu clarifier la situation en édictant une loi.
La tentative de légaliser l'enseignement EN anglais a commencé sous Sarkozy, l'Américain. À l'époque, c'est Valérie Pécresse, Ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche de 2007 à 2011, qui a été chargée de cette besogne, mais, prise de court, elle n'a pas pu faire passer sa loi.
Puis, sous Hollande, le caniche des Américains, c'est Geneviève Fioraso, Ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche de 2012 à 2014, qui a pris le relai et qui a fini le travail.
Et c'est ainsi qu'est née la loi Fioraso, du nom de la ministre Geneviève Fioraso.
On remarquera que quel que soit le président, de droite ou de gauche, l'idée était la même : permettre l'enseignement EN anglais dans nos universités et grandes écoles. Bonnet Blanc et Blanc Bonnet ont eu donc la même politique sur le sujet, une politique dictée, bien sûr, par l'Union européenne issue du traité de Maastricht dont l'objectif en matière linguistique est que l'UE parle américain.
D'ailleurs, c'est en américain que la plupart du temps l'UE qualifie ses appellations, et, en ce moment, nous avons droit à une publicité signée d'un logo européen en anglais, comme par hasard, « NEXTGENEU », « Next generation EU » pour « Plan de relance européen », en français ! Nous déposerons une plainte auprès du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, M. Jean-Noël Barrot. Nous verrons sa réaction, s'il réagit, bien évidemment.
Cette loi donc a modifié le Code de l'Éducation pour, non pas interdire l'enseignement EN anglais, mais pour l'encadrer de façon que tout de même il y ait un peu de français dans les formations proposées en anglais.
Ainsi, depuis la loi Fioraso, la loi n° 2013-660 du 22 juillet 2013 relative à l'enseignement supérieur et à la recherche, l’article L.121-3 du Code de l’éducation a été modifié pour, tout en favorisant l’internationalisation des établissements français, préserver une place à l’enseignement EN français.
Autrement dit, les formations 100 % en anglais ne devraient plus exister dans le système éducatif français.
L’article L.121-3 du Code de l’éducation a réglementé les possibilités de pouvoir déroger au fait que, selon la loi, le français est la langue de l’enseignement.
Ces possibilités ont été définies dans la loi dans le but de s’assurer que l'enseignement dans une langue étrangère dans nos écoles, s'il contribue à renforcer l’influence de la France dans le monde, ne doit pas pour autant faire abstraction totale de la langue française dans les formations proposées.
À cette fin, la loi a prévu que « les formations d’enseignement supérieur ne peuvent être que partiellement proposées en langue étrangère et à la condition que l’accréditation concernant ces formations, fixe la proportion des enseignements à dispenser en français » et que les cursus prévoient, pour les étudiants n’ayant pas un niveau suffisant en français, la mise en place de formations de français garantissant leur capacité à passer tout ou partie des épreuves en français.
Il est ajouté que « leur niveau de maitrise suffisante de la langue française est évalué pour l’obtention du diplôme. ».
Voici dans son intégralité l’article L.121-3 du Code de l’Éducation actuellement en vigueur, article résultant de sa modification par la loi n° 2013-660 du 22 juillet 2013 - art.2 :
« I.- La maîtrise de la langue française et la connaissance de deux autres langues font partie des objectifs fondamentaux de l'enseignement.
II.- La langue de l'enseignement, des examens et concours, ainsi que des thèses et mémoires dans les établissements publics et privés d'enseignement est le français. Des exceptions peuvent être justifiées :
1° Par les nécessités de l'enseignement des langues et cultures régionales ou étrangères ;
2° Lorsque les enseignants sont des professeurs associés ou invités étrangers ;
3° Par des nécessités pédagogiques, lorsque les enseignements sont dispensés dans le cadre d'un accord avec une institution étrangère ou internationale tel que prévu à l'article L123-7 ou dans le cadre d'un programme européen ;
4° Par le développement de cursus et diplômes transfrontaliers multilingues.
Dans ces hypothèses, les formations d'enseignement supérieur ne peuvent être que partiellement proposées en langue étrangère et à la condition que l'accréditation concernant ces formations fixe la proportion des enseignements à dispenser en français. Le ministre chargé de l'usage de la langue française en France est immédiatement informé des exceptions accordées, de leur délai et de la raison de ces dérogations.
Les étudiants étrangers bénéficiant de formations en langue étrangère suivent un enseignement de langue française lorsqu'ils ne justifient pas d'une connaissance suffisante de cette dernière. Leur niveau de maîtrise suffisante de la langue française est évalué pour l'obtention du diplôme.
Les enseignements proposés permettent aux étudiants francophones d'acquérir la maîtrise de la langue d'enseignement dans laquelle ces cours sont dispensés.
Les écoles étrangères ou spécialement ouvertes pour accueillir des élèves de nationalité étrangère, ainsi que les établissements dispensant un enseignement à caractère international, ne sont pas soumis à l'obligation prévue au premier alinéa. »
Comme on peut le lire, l’article L.121-3 donne une liste de quatre exceptions pour lesquelles le français n’est plus la langue de l’enseignement, mais, quoi qu’il en soit, ces enseignements ne peuvent être délivrés que partiellement, et non en totalité, dans une langue étrangère.
De plus, comme on peut le lire dans le dernier alinéa de cet article « (...) les établissements dispensant un enseignement à caractère international, ne sont pas soumis à l'obligation prévue au premier alinéa. », autrement dit, le législateur, par cette phrase ambigüe, car il ne précise pas ce qu'est exactement un enseignement à caractère international, donne la possibilité aux anglomanes de contourner la loi, et ils ne s'en priveront pas, bien évidemment.
Avant de se lancer dans un procès, il faut donc être très vigilant, car, hélas, la loi est faite plus pour aider les angliciseurs à angliciser que pour aider les Francophones à défendre la langue française.
L'association Avenir de la Langue Française, ALF, s'était lancée en 2017 dans un procès contre l'École Normale Supérieure, ENS, et a perdu son procès. Il faut donc se méfier de la loi Fioraso qui sert peut-être plus l'anglomanie qui sévit dans nos écoles que la langue française qui y est bafouée. D'ailleurs, à notre connaissance, aucun procès à ce jour n'a été gagné sur la base de la loi Fioraso qui pourtant date de 2013, alors que l'anglicisation de nos universités et grandes écoles n'a cessé depuis cette date de se développer.
Actuellement, toutefois, deux affaires sur la base de la loi Fioraso, c'est-à-dire sur la base de l'article L.121-3 du Code de l’Éducation, sont entre les mains des juges. C'est Christian Tremblay, le président de l'Observatoire européen du plurilinguisme, OEP, qui mène ces affaires, et, il faut le dire, il a fait un travail remarquable dans les mémoires qu'il a présentés aux universités attaquées, l’Université de Bourgogne et l’Université Côte d’Azur. Son argumentaire paraît imparable, il nous tarde donc de voir les réponses des parties adverses, voir ce qu'elles vont trouver comme arguments pour justifier leur anglomanie au détruiment de la langue française.
De son côté, l'Afrav, en juin 2024, a lancé un procès contre l'Institut polytechnique de Paris en ce qu'il a mis en place une formation 100 % dispensée en anglais. En novembre 2024, l'Institut polytechnique de Paris, loin de reconnaître qu'il a tort de faire des formations en totalité en anglais, a pris un avocat pour se défendre. Depuis, nous attendons le mémoire en défense.
Avant d'aller plus avant dans nos procès...
Avant d'aller plus loin dans nos procès, nous voudrions comprendre :
- ce qu'entend le législateur par « formation internationale » ;
- c'est qu'est « l'obligation prévue au premier alinéa » de l'article L.121-3 du Code de l’Éducation ;
- pourquoi l'article 1er de la la Toubon que la loi Fioraso n'a pas abrogé et qui dit que la langue de l'enseignement est le français - cet article ayant été écrit en vertu de la Constitution qui dit que la langue de la République est le français -, pourquoi ne passerait-t-il pas au-dessus de la loi Fioraso et du code de l'Éducation, et cela, d'autant plus, que la loi Toubon est d'ordre public ?
Si vous avez des réponses à ces questions, n'hésitez pas à nous en faire part à l'adresse-courriel : association.afrav@gmail.com
Haut les cœurs !
Publié par Régis RAVAT le 28 février 2025
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Orthographe : sylvie.costeraste@laposte.net









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