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La langue française s’enlaidit Chaque langue évolue, mais de nombreux symptômes du français écrit et parlé manifestent de plus en plus un appauvrissement dans le vocabulaire quotidien et la grammaire courante.
À la télé, les couacs habituels, comme « La situation n’est pas PRÊTE de changer », confusion fréquente entre « pas près de » et « pas prêt à ». Essayez de trouver un journaliste Tv ou radio qui ne répète pas deux fois par phrase : « effectivement » ! D’autres expressions ont colonisé les conversations, surtout dans le domaine relationnel et commercial : « pas de souci ! ». L’infirmière, l’hôtesse d’accueil, l’employé de bureau, la vendeuse :… pas de souci ! Au lieu de dire : on a eu un problème, ou une difficulté, on répète mécaniquement : « on a eu un souci ! ». On va dire que… Puis il y a l’épidémie des « on va dire ». À tout bout de champ, l’expression apparaît dans tous les types de phrases, et cela depuis 6 ou 7 ans. On ne se risque pas à énoncer quelque chose de fiable, l’affirmation franche n’est plus de mise, alors : on va dire que….Tout serait donc devenu relatif et conventionnel ? Le relativisme s’insinue. Autre expression envahissante et fatigante : « voilà »… On ne se sent pas sûr, il suffit de dire « voilà » pour se croire démonstratif et offrir une évidence. Beaucoup l’utilisent à la place d’un mot qui leur fait soudain défaut, du genre « elle m’a dit que voilà…elle continue ». Normalement, voilà indique ce qui vient d’être dit. Si on veut annoncer ce qui va se dire, ce serait plutôt : « voici ». Vouâlla ! Écoutez les sportifs présenter leur exploit : les « voilà » prolifèrent. Vouâlla ! Autre expression hyper utilisée et assez laide : « du coup ». À tous les détours de phrase, à la place de « de ce fait » ou « en vertu de quoi » ou encore « par conséquent », on retrouve « du coup »… Raccourci qui violente quelque peu l’esprit : quel est donc le « coup » mental qui force à admettre immédiatement ce que l’autre affirme ? Des expressions quasi automatiques et popularisées qui appauvrissent les nuances et l’élégance de la francophonie. Ces simplifications contagieuses du langage nous conduisent-elles vers des échanges de plus en plus stéréotypés et utilitaires ? Le nombre de mots usuel du vocabulaire quotidien des jeunes générations va-t-il continuer de se réduire à vue d’œil ?
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La langue française, qui n’est pas soutenue par la France, est en perte de vitesse
Les représentants des États francophones faillissent à la tâche Imma Tor Faus croit que les représentants des États francophones faillissent à la tâche lorsqu’ils ne s’expriment pas dans leur langue au sein des organisations internationales. « Si certains pays ne donnent pas l’exemple, il est difficile de faire suivre les autres », souligne-t-elle. La Presse : L’Afrique subsaharienne est en grande partie responsable de l’augmentation du nombre de locuteurs du français dans le monde, l’augmentation y ayant atteint 15% entre 2010 et 2014. La croissance a même été de 30%, en moyenne, au Bénin, au Burkina Faso, au Burundi, au Cameroun, au Congo-Brazzaville, au Gabon et au Sénégal. L’émancipation et la démocratisation de l’Afrique expliquent cette augmentation. « Tout cela est lié au progrès social et économique », poursuit Imma Tor Faus. Davantage d’enfants ont accès à l’école, davantage apprennent la langue de Molière. Bien entendu, d’autres langues progressent aussi en raison de l’augmentation générale de la population, « mais sur le long terme, en raison de la croissance démographique de l’Afrique et des progrès de la scolarisation, c’est la langue française qui aura connu la plus importante progression à l’horizon 2060 », analyse Mme Tor Faus, que La Presse a jointe à Paris avant son départ pour Montréal. Place du français sur Internet
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