À ceux qui comparent le combat des régionalistes catalans avec celui des Québécois :
Non, désolé, le Québec, ce n'est pas la Catalogne. Le Québec est
une nation et non une région d'une nation. En effet, le Québec
est une des deux nations fondatrices du Canada (à l'époque, il
s'appelait le Bas-Canada), comme la France est une des nations
fondatrices de l'Union européenne. Le Québec est, comme une
nation, formé de diverses ethnies, langues et cultures. Il y a
des Québécois d'origine française et européenne, certes, mais
d'autres sont d'origine autochtone tels les Hurons, les
Iroquois, les Montagnais, les Micmacs, les Inuits, etc. Toute
cette population forme ce qu'on appelle le peuple québécois. Ce
peuple est lié par une histoire commune, un destin commun et,
bien sûr, une langue commune (le français). L'indépendance du
Québec n'est donc pas, contrairement à la Catalogne,
l'indépendance d'une ethnie, mas l'indépendance de toute une
nation par rapport à une autre nation (représentée par le Canada
anglophone), car anglophones et francophones, issus de deux
nations distinctes ont fondé ensemble la Confédération
canadienne en 1867.
« Québec libre », dans le contexte de la Confédération
canadienne, pourrait être apparenté à « France libre » dans le
contexte de l'Union européenne (voir, notamment, le mouvement
Souverainiste français). Pris dans le contexte canadien, dire «
Vive la Catalogne libre », ce serait plutôt dire « Vive les
Hurons libres ». Rien a voir donc avec le fameux « Québec libre » du
Général De
Gaulle.
Comme l'ethno-régionalisme n'est pas ma tasse de thé, permettez alors que je dise tout simplement pour conclure : « Vive l'Espagne libre, vive le Québec libre et vive la France libre dans le concert des nations ».
Régis Ravat
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La marche des Catalans
Barcelone :Un million et demi de manifestants ont défilé hier. Une démonstration de force réussie pour les indépendantistes qui défient Madrid.
Plus qu'une
manifestation,
c'est une
nuée qui
s'est
abattue,
mardi 11
septembre,
sur la
capitale
catalane. Et
si le
drapeau
espagnol
flotte
toujours sur
le dôme du
parlement de
Catalogne,
les rues de
Barcelone
étaient
toutes
acquises au
drapeau sang
et or de
l'indépendance.
En ce 11
septembre,
jour de fête
nationale,
c'est
l'Assemblée
catalane qui
avait appelé
au plus
large
rassemblement,
avec le but
avoué de
faire une
démonstration
de force, à
neuf jours
d'une
rencontre de
première
importance
entre le
président
catalan,
Artur Mas et
le Premier
ministre
espagnol,
Mariano Rajoy. Car
la tension
est
aujourd'hui
à son comble
entre le
pouvoir
central et
la province
autonome,
dont la Cour
constitutionnelle
espagnole
vient de
rogner
encore un
peu plus le
statut. Si
l'on ajoute
à cela un
contentieux
fiscal,
on comprend
mieux ce qui
a pu pousser
mardi
tellement de
Catalans
dans les
rues, avec
une
mobilisation
qui a
concerné des
pans de la
société
jusque-là
indifférents
à
l'indépendance.
« On ne veut plus de l'Espagne », Meri, dans le cortège
Toutes
générations
confondues,
ils étaient
un million
et demi à
défier entre
le "passeig"
de Gracia et
le Parlement,
au milieu
d'une
véritable
déferlante
de drapeaux
indépendantistes.
Ramon ne dit
pas autre
chose. Comme
beaucoup, il
est venu en
famille,
tous
maquillés
aux couleurs
indépendantistes
catalanes :
« Nous
sommes une
Nation.
c'est ça
l'important.
Il
La Catalogne, « prochain État de l'Europe » ?
Parmi les sujets de tension entre Madrid et la Catalogne, la « spoliation fiscale » (16 milliards d'euros chaque année) dont se dit victime cette dernière. Car la province autonome est aujourd'hui en difficulté, alors qu'elle peut se vanter d'un PIB supérieur à la moyenne européenne et est reconnue comme « l'une des régions de la Méditerranée les plus riches et les plus dynamiques ». Pour Jordi Vera, du CDC (parti autonomiste de Catalogne Nord), « la Catalogne participe au développement de l'Espagne, mais ce n'est que de l'assistanat et cela nous ralentit et nous est gravement préjudiciable ».
Aussi, si la Catalogne souhaite le divorce avec l'Espagne, elle a les yeux de Chimène pour l'Union européenne, dont de nombreux drapeaux étaient brandis, mardi 11 septembre, dans les rues de Barcelone, parfois sur les mêmes hampes que ceux de la Catalogne indépendante. « La Catalogne, le prochain État membre de l'Europe », c'était un slogan maintes fois repris par les pancartes... Un doux rêve ? Il est certain que l'entrevue du 20 septembre ne devrait guère faire évoluer les choses. Alors ? Il se murmure que José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne qui affirmait que la question était « une affaire interne espagnole » ne serait plus opposé à une réunion tripartite : UE, Espagne, Catalogne..
PHILIPPE MOURET
pmouret@midilibre.com
Source : Midi Libre, le mercredi 12 septembre 2012
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Catalogne, Europe et anglais !
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