L'émission aurait dû s'intituler « Du franglais à l'anglais
partout », cela aurait été, à mon sens, plus parlant, plus
clair. En effet, nous sommes passés du stade où quelques mots
d'anglais émaillaient notre vocabulaire, à un stade où il y a de
l'anglais partout ; du stade où l'on pouvait considérer l'anglais
comme folklorique dans notre langue, au stade où il nous
colonise carrément et simplement.
Pour exemple, Luc Chatel, ministre de l'Éducation nationale (?)
veut introduire l'anglais obligatoire dès la maternelle, Valérie
Pécresse, ex-ministre de l'Enseignement supérieur, voulait qu'on
enseigne EN anglais dans nos universités, Jean-François Copé,
patron de l'UMP, voudrait, afin que les Français s'imbibent mieux
d'anglais, que les séries et films anglo-américains soient
diffusés en VO, c'est-à-dire en anglais, à la télévision. On ne
compte plus maintenant les chanteurs français qui chantent EN
anglais, au point que les Francofolies de la Rochelles sont en
train de virer aux Anglofolies. Je ne parle pas des chercheurs
qui sont obligés de publier leurs travaux en anglais, de la
Commission de Bruxelles qui envoie la plupart de ses documents
en anglais à Paris, etc.
C'est cet anglais dégoulinant qui est inquiétant, et qui finira,
si nous n'en prenons pas conscience, par tuer notre langue à
l'international, à tuer, notamment, la Francophonie, notre seule
chance de vivre demain en français.