Suite à la candidature retenue de la France pour
l'Euro 2016, voici, ci-dessous, le commentaire
dans le Parisien, de
samedi 29
mai,
de Rama Yade, Secrétaire d'État aux Sports.
Dans le dernier paragraphe, elle
fait l'éloge de l'emploi de l'anglais pour,
selon elle, effacer l'arrogance française et
montrer une générosité culturelle !
Et quand les anglophones refusent de parler ou
d'entendre toute autre langue que la leur, c'est
quoi alors ? De la générosité ? Ils nous font
profiter de la perfection avec laquelle ils
parlent leur langue ?
Je pense que Madame la Ministre confond
générosité avec soumission !
Dans le même journal, on trouve un article sur
les films français que les États-Unis retournent
avec leurs acteurs et dans leur langue (il en
est cité 8 à venir : Les Ch'tis, LOL, Le dîner
de cons, etc. ) après nous avoir versé les
droits d'adaptation ! C'est une bonne chose,
leur orgueil qui leur fait refuser les films
doublés nous rapporte de l'argent (pour une
fois). Cela devrait encourager les réalisateurs
français à ne jamais tourner des films
prétendument français, mais en anglais avec des
acteurs d'outre-Atlantique ! Mais il s'agit
sûrement d'un manque de « générosité » de ma
part !
Brigitte Laval
À noter que
Mme Rama Yade était Secrétaire nationale chargée
de la Francophonie à l'UMP, en 2007.
EURO 2016
Rama Yade : « Il fallait faire du lobbying, sans
état d’âme »
La
secrétaire d’État aux Sports,
Rama
Yade, faisait partie de la délégation française présente hier à Genève pour
défendre la candidature de la
France
à l’Euro 2016.
Vous êtes revenue de Genève dans l’avion du
président de la République. Quelle était l’ambiance, champagne et cotillons
?
RAMA YADE.
(Rires.) Non, il n’y avait pas de champagne, juste un déjeuner
convivial pendant lequel nous avons décortiqué le vote. On était très heureux et
très fiers. J’ai annoncé au président que le score était de 6-6 après 12 votes.
C’est la dernière enveloppe qui a fait la différence. Treizième enveloppe, 13
membres du comité exécutif de l’UEFA et moi je suis née un 13 décembre. Je vais
finir par croire aux astres !
Au moment du verdict, vous aviez l’air très surprise. Pourtant, avec un
dossier bien noté, un président de l’UEFA français et le président de la
République qui se déplace, l’affaire semblait bien engagée. Vous doutiez
vraiment ?
Jusqu’au dernier moment, on était dans l’humilité la plus totale parce que les
dossiers turc et italien étaient très bons. Il y avait une grosse appréhension,
je n’ai pas dormi de la nuit. On travaille de manière acharnée depuis des mois
donc évidemment, quand le résultat tombe, c’est une grande émotion. Moi, j’avais
les deux mains sur le visage. Je ne voulais pas voir l’enveloppe. Quand,
soudain, j’ai entendu du bruit, j’ai levé la tête, regardé Platini, puis mes
yeux sont descendus, j’ai vu marqué « France » et la joie a éclaté.
Quelles ont été les personnalités décisives de la candidature française
?
Jacques Lambert (NDLR : le directeur général de la FFF) a été la
cheville ouvrière de la candidature. Il a monté le dossier technique et a été
très constant, très courageux. Je n’oublie pas non plus Philippe Séguin, à qui
je veux dédier cette victoire. Et puis la présence de Nicolas Sarkozy a été
décisive. Pour gagner par 7 voix contre 6, il fallait quelque chose de
déterminant. Et ça a été Nicolas Sarkozy !
Prenez-vous tout de même une petite part de ce succès pour vous ?
C’est d’abord une victoire collective, même si je me suis beaucoup battue pour
obtenir une participation financière importante de l’Etat, pour faire passer des
dispositions législatives qui faciliteront l’organisation de l’Euro. J’ai aussi
fait un travail de lobbying diplomatique et la tournée des villes pour
convaincre les maires. Ce n’était pas toujours facile. Je suis très fière pour
mon pays et très heureuse à la tête de ce ministère, qui apporte des bonnes
nouvelles dans la grisaille de la crise.
Vous pensez vraiment que cela peut regonfler le moral des Français ?
Le sport est le premier mouvement associatif de France, avec 16 millions de
licenciés, 4 millions de bénévoles… C’est une réalité populaire très forte. Et
puis ça va encourager les jeunes à se lancer encore plus dans le sport. Il ne
faut pas non plus négliger les retombées économiques. Quand on rénove huit
stades, qu’on en construit quatre, c’est 15 000 emplois, une impulsion
économique extraordinaire.
La France restait sur l’échec de Paris 2012. Qu’est-ce qui a fait la
différence cette fois ?
En arrivant dans ce ministère, j’ai voulu analyser l’échec de Paris 2012. Et
j’ai estimé que, cette fois, il fallait faire du lobbying, sans état d’âme. Il
fallait aussi que nous effacions de l’esprit des gens l’idée qu’il y a une
arrogance française. Je voulais que les sportifs soient mis en avant, idéalement
les champions de 1998. Et qui était là ? Zidane, Karembeu, Sagnol, Djorkaeff…
Enfin, pour réussir, il fallait aussi penser à
l’anglais. La différence de la francophonie n’empêche pas de parler anglais.
Même deux phrases, ça suffit. Cela donne à voir une
générosité culturelle. Cette fois, on n’a rien négligé.
PROPOS RECUEILLIS PAR GABRIEL RICHALOT
Source : leparisien.fr, le 29 mai 2010
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