Alors que
Xavier
Darcos fait
de
l'apprentissage
de l'anglais
au lycée une
nécessité
absolue pour
que les
bacheliers
deviennent
tous
bilingues,
cette
préoccupation
s'étiole
singulièrement
dans le
monde du
travail.
Selon un
récent
sondage
réalisé par
le site de
recrutement
Monster,
51 % des
salariés
estiment en
effet que la
maîtrise
d'une langue
étrangère au
travail
n'est pas
une
priorité. Un
taux
particulièrement
faible si on
le compare
aux
résultats
recueillis
dans
d'autres
pays.
Ainsi au
Luxembourg,
en Espagne
et en
Suisse, on
accorde une
plus grande
importance
aux langues
étrangères
puisque
respectivement
69 %, 68 %
et 66 % des
salariés de
ces pays
jugent
indispensable
d'être
polyglottes
dans le
cadre de
leur
travail. Ils
sont suivis
par les
Allemands
(57 %), les
Italiens
(55 %), les
Autrichiens
(54 %) et
les Belges
(50 %).
Inversement,
dans les
pays
anglophones,
les employés
estiment
dans leur
grande
majorité
qu'il n'est
pas
nécessaire
d'être
bilingues.
C'est le cas
de 78 % des
salariés
américains.
À l'heure où
l'anglais
domine le
monde des
affaires,
les
résultats
recueillis
en France
ont de quoi
surprendre.
D'autant
que, ajoute
Monster, la
majorité des
entreprises
sont
aujourd'hui
tournées
vers
l'international.
« Face à un
employeur en
situation de
recruter, la
différence
entre deux
candidats
peut se
faire au
niveau de la
maîtrise
d'une langue
étrangère »,
souligne
Bruno
Brémond,
vice-président
de Monster
France.
Un avis
partagé par
Alain Daumas,
directeur
France de la
société ETS,
qui conçoit
des tests
d'anglais
prisés par
les
entreprises
pour jauger
les niveaux
des
candidats à
des postes.
« De plus en
plus de
sociétés
exigent un
niveau
certain en
anglais et
font
obligatoirement
passer des
tests aux
postulants.
Les
résultats
livrés par
ce sondage
sont pour le
moins
déconcertants
et
regrettables »,
estime-t-il,
en rappelant
que dans un
très proche
avenir
l'anglais
deviendra
« le »
sésame
incontournable
pour obtenir
un travail.
« En 2010,
on estime
que pour
huit offres
d'emplois
sur dix, un
niveau
d'anglais
sera exigé.
Une
nécessité
qui frappera
tous les
domaines ».
Une voix
dissonante
Dans ce
concert de
remarques
allant
toutes dans
le même
sens, le
linguiste
français
Claude
Hagège fait
entendre une
voix pour le
moins
dissonante.
Ce directeur
d'études en
linguistique
structurale
à l'École
pratique des
hautes
études met
d'ailleurs
tout
simplement
les pieds
dans le
plat. Pour
lui, ce
sondage est
le juste
reflet des
besoins des
salariés.
« Quand ils
travaillent
en France,
ces
derniers,
dans leur
majorité,
n'ont pas
besoins de
s'exprimer
autrement
qu'en
français.
Pensez-vous
qu'un
ouvrier
doive savoir
parler
l'anglais ?
»,
interroge-t-il
en fulminant
contre cet
anglais
galopant qui
envahit le
français. Et
de mettre en
garde tous
les
employeurs
qui feraient
le tri de
leurs
salariés par
le seul
filtre de la
maîtrise de
cette
langue.
Angélique
Négroni