A.FR.AV.

Association FRancophonie AVenir

 

 

De :

  M. Régis Ravat
  Président de l'A.FR.AV
  Parc Louis Riel
  2811, chemin de Saint-Paul
  30129 Manduel

 

 

 

À   :   M. José HAPPART,

          Président de l’Aéroport de Liège

          Bâtiment 44

          B-4460 GRÂCE-HOLLOGNE

          BELGIQUE

 

 

 

 

                                            Manduel, le 16 janvier 2006

 

 

objet : demande de francisation de l'appellation anglaise de l'aéroport de Liège (Wallonie-Belgique)

 

 

 

Monsieur le Président,

 

 

 

Plusieurs de nos adhérents, et notamment nos adhérents wallons, m’ont fait part de leur courroux quant au fait que l’aéroport de Liège soit nommé en anglais « Liege Airport ».

Effectivement, c’est le moins que l’on puisse dire, cette appellation anglophone en plein pays wallon sonne comme une injure à l’identité culturelle et linguistique de ce pays.

Vous serait-il venu à l’idée de donner un nom flamand à votre aéroport ? Non ! Bien sûr, alors pourquoi en anglais ?

Pour faire plus « international », allez-vous me dire ? Mais la langue française est une langue internationale aussi, autant que l’anglais, une langue parlée sur les cinq continents, langue officielle de près de 60 pays formant l’ensemble francophone appelé la Francophonie. Il n’y a donc pas de quoi avoir honte d’utiliser le français, c’est une grande langue présente partout dans le monde.

Les Flamands sont peut-être obligés de parler anglais pour faire « international », mais les Wallons avec le français, parlent déjà une langue internationale. 

Pourquoi ne profiteriez-vous pas de cet atout, de cet avantage, de cette supériorité sur eux au lieu de vous mettre à leur niveau en utilisant l’anglais ?

Dans l’attente de recevoir de votre part une lettre qui m’annoncera que vous avez décidé de changer l’appellation anglaise de l’aéroport de Liège en une appellation francophone, je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de toute ma considération.                                                                           

 

 

Régis Ravat,

Président de l’A.FR.AV.

 

 

  RÉPONSE  de  M. Partoune,  

Directeur de l'aéroport de Liège  

 

N/Réf. :  vha27-01/lpa 042 

Monsieur Régis Ravat
Président de l’A.FR.AV
Parc Louis Riel 
Chemin de Saint-Paul, 2811
F-30129 MANDUEL
FRANCE  

 

Liege Airport, le 30 janvier 2006

 

 

Monsieur le Président,

 

Votre courrier du 16 courant adressé à Monsieur le Président de l’Aéroport de Liège nous est bien parvenu et a retenu toute notre attention.

Le choix d’utiliser « Liege Airport » plutôt que «Aéroport de Liège » ne participe pas d’une volonté d’injurier une quelconque identité culturelle et linguistique de notre pays, et plus particulièrement de notre région, auxquels nous sommes attachés.

Il ne s’agit pas non plus, comme vous l’indiquez dans votre courrier, de faire plus « international ».

Ce que vos adhérents wallons n'ont peut-être pas pris en compte, c’est que l’aéroport de Liège se situe au coeur d’une région qui attire des clients venant de pays parlant soit le français, soit le néerlandais, soit l’allemand.

Ce caractère international, lié à notre histoire et notre situation géographique et qui se traduit par la fréquentation d’une clientèle en provenance de ces différentes régions linguistiques, se retrouve ainsi renforcé par l’utilisation de l’anglais au niveau de l’appellation de l’aéroport.

Notre objectif n’est donc ni de nous rabaisser ni de rabaisser qui que ce soit, mais bien de faire correspondre l’outil économique que représente l’aéroport de Liège aux sensibilités linguistiques de la clientèle qu’elle dessert.

Pour le surplus, nous ne manquons pas d’utiliser l’appellation « Aéroport de Liège » dans toute correspondance que nous effectuons en français et veillons à utiliser cette appellation dans toutes les circonstances qui nous le permettent.

C’est ce que nous pratiquons d’ailleurs dans le cadre de nos relations économiques, si même l’anglais représente la langue usuelle dans notre secteur. Dans la réalité de la vie des affaires, le français trouve encore sa place et nous ne manquons pas, dans ces circonstances, de l’utiliser.

J’espère que ces éléments de réponse seront de nature à atténuer le courroux de vos adhérents wallons et je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, mes salutations les plus distinguées.



 

Luc Partoune 

Directeur Général

liegeairport@sab.be

 

 

 

  RÉPONSE  de  M. Antoine, 

 Ministre des Transports

 

 

 

                          

 

Nos références (à rappeler svp) AA/PB/VL/fd/178/58166           


 

Monsieur,


CONCERNE :                   Dénomination de l’aéroport de Liège-Bierset

 

 

Votre courrier électronique du 22 février 2006, relatif à l’objet sous rubrique, m’est bien parvenu et a retenu ma meilleure attention.

Je suis cependant au regret de vous informer qu’il n’entre pas dans mes prérogatives « de contraindre et d’obliger » à franciser la dénomination de l’aéroport de Liège-Bierset.

La société qui exploite commercialement l’aéroport dispose en effet en la matière d’une autonomie complète, s’agissant d’une société anonyme de droit privé, gérée par un conseil d’administration propre.

En tout état de cause, l’argumentaire développé par le Directeur général de la SAB, Monsieur Luc PARTOUNE, concernant la correspondance entre l’outil économique et les sensibilités linguistiques de la clientèle qu’il dessert ne me paraît pas choquant, sachant par ailleurs que l’appellation « Aéroport de Liège » est utilisée dans toutes les circonstances qui le permettent à la SAB. La langue anglaise est, en outre, clairement reconnue comme étant la langue habituellement pratiquée en matière aéronautique.

Cette pratique ne me semble dès lors pas de nature à porter atteinte à l’identité wallonne et francophone dont, en ma qualité de membre du Gouvernement wallon, je suis particulièrement imprégné.

Vous souhaitant bonne réception de la présente, je vous prie de croire, Monsieur, en l’assurance de mes sentiments les meilleurs.

 


Pour le Ministre absent  à la signature

            Philippe BUELEN

             Chef de  Cabinet

                                                                                            André ANTOINE

 

 

 

RÉPONSE  de  M. Colinaro 

 à  M. Antoine

 

A.FR.AV.

Association FRancophonie AVenir

 

 

De :

  M. Jean-Pierre Colinaro
  Secrétaire général de l'A.FR.AV
  Parc Louis Riel
  2811, chemin de Saint-Paul
  30129 Manduel

 objet : Lutte contre l'anglicisation

Vos références : AA/PB/VL/fd/178/5866

 

À   :   M. André Antoine,

          Ministre des Transports

          Rue d'Harscamp, 22

          5000 Namur

          WALLONIE - BELGIQUE  

          andre.antoine@gov.wallonie.be

 

        
 

 

 

                                          Manduel, le 29 mars 2006

 

 

 

Monsieur le Ministre,

 

  Je vous remercie pour avoir répondu au courriel que je vous ai adressé le 22 février 2006.

Toutefois, je suis surpris d’apprendre qu’il n’entre pas dans vos prérogatives de contraindre et d’obliger les responsables de l’aéroport de Liège à franciser la dénomination anglaise de leur aéroport sous prétexte qu’il s’agit d’une société anonyme de droit privé, gérée par un conseil d’administration propre.

En effet, force est de se poser la question alors : à quoi peut donc servir un ministère des Transports, si ce ministère n’est même pas capable d’intervenir sur un problème touchant un aéroport du territoire national ? Cela paraît invraisemblable !  Tout comme paraîtrait invraisemblable que le Ministère de la Santé ne puisse pas intervenir dans une clinique sous prétexte qu’elle est de droit privé.

Vous devez être sacrément libéral pour parler ainsi !

Vérifiez tout de même, s’il vous plaît, qu’il n’y ait pas un cahier des charges pour gérer et contrôler le fonctionnement de cet aéroport, car normalement tout organisme privé qui remplit une mission de Service public - et c’est le cas pour l’aéroport de Liège - , doit en avoir un. Ce cahier des charges doit présenter, s’il est bien fait, une clause « linguistique », et dans cette clause « linguistique », bien évidemment, on aura veillé à mettre noir sur blanc que la politique développée sur l’aéroport de Liège en matière de langue, contribuera à la défense, à la promotion, au rayonnement et à la diffusion de la langue française, langue nationale de Wallonie et langue internationale des Wallons.

Si tout cela n’a pas été fait, il est de votre devoir et de votre honneur d’ordonner que cela se fasse.

Toutefois, je pense plutôt que vous ne voulez pas agir dans cette affaire, parce que M. José Happart, président de l’aéroport de Liège, mais également président du Parlement wallon et adhérent, qui plus est, au même parti politique que vous * (NDLR : attention, prière de lire la note, svp)  , est votre ami, et que par conséquent, par solidarité avec lui, vous êtes prêt à le soutenir dans son erreur d’appeler en anglais son aéroport, quitte à fouler aux pieds pour cela la langue des Wallons.

Cela est triste, petit, lamentable et indigne.

Tant vous ne voulez pas faire de vagues, tant vous ne voulez pas être désagréable à l’encontre de M. Happart, que vous en arrivez même à soutenir M. Partoune.

Ce monsieur, pourtant, n’a pas l’air des plus honnête , quand il a le culot de nous dire que l’appellation « Aéroport de Liège » est utilisée dans toutes les circonstances qui le permettent, alors même que la lettre qu’il nous envoie est à l’en-tête « Liege Airport ».

On voudrait se moquer de nous qu’on ne ferait pas mieux !

De plus, ce monsieur trouve normal — et vous aussi puisque vous le soutenez —, que l’on accueille par la dénomination anglaise « Liege Airport », un Français, un Néerlandais, un Allemand « par respect des sensibilités linguistiques de la clientèle (sic) », mais savez-vous, monsieur le Ministre, que l’anglais n’est officiel dans aucun des pays de ces ressortissants ?

Quelle est donc la légitimité de l’anglais là-dedans, si ce n’est de nous soumettre, encore un peu plus, à son impérialisme ?

Enfin, comme pour venir en aide à vos amis anglomanes, vous croyez bon d’en rajouter une couche en disant que « la langue anglaise  est clairement reconnue comme étant la langue habituellement pratiquée en matière aéronautique (sic) ». On voit là, l’homme politique combatif que vous devait être : « l’anglais est la langue reconnue dans le domaine aéronautique », dites-vous, un point, c’est tout.

 Apparemment, vous ne vous posez pas trop de questions, à savoir, par exemple, comment on en est arrivé là, comment l’anglais s’est imposé ainsi, s’il y a eu un vote à l’ONU pour cela, si de grands organismes scientifiques ont fait des tests pour évaluer la meilleure langue dans ce domaine, si l’anglais répond aux meilleurs critères de neutralité et de sécurité ou si tout simplement ce sont les Américains qui, par la force de leur politique militaire, économique, linguistique et culturelle l’ont imposé peu à peu au monde ?

  Quoi qu’il en soit, quand on a un peu de fierté pour sa langue, quand on l’aime comme faisant partie intégrante de l’identité de son pays, quand elle vous imprègne jusqu’au plus profond de votre être, on ne cherche pas des arguments pour justifier l’emploi d’une autre langue qu’elle.

M. Happart, M. Partoune et vous-même devriez donc avoir honte de justifier l’anglais de « Liege Airport », tout comme un fils devrait avoir honte de justifier son désamour vis-à-vis de sa mère.

Dans une quinzaine de jours, si rien n’est fait pour enlever l’infâme dénomination anglaise de l’aéroport de liège, cette lettre sera largement diffusée et nous continuerons, par de nouvelles actions, notre lutte contre l’imposture anglomane de M. Happart et Cie.

Dans l’attente et dans l’espoir cependant, qu’une lettre de votre part nous annoncera que la francisation de la dénomination anglaise de l’aéroport de Liège a été décidée, je vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de toute ma considération.                                                                           

 

Jean-Pierre Colinaro,

Sécrétaire général de l’A.FR.AV.

 

 

  * Note : Attention, sur ce point précis de la lettre, nous nous sommes trompés, car un correspondant wallon vient de nous signaler (le 11 mai 2006) que M. Antoine est du parti cdH (Centre Démocrate Humaniste) et non du parti socialiste comme M. Happart.

Notons tout de même que cette erreur de notre part n'a pas l'air d'avoir gêné outre mesure M. Antoine puisqu'il n'a pas jugé utile d'apporter un quelconque démenti par un courrier à nous adressé.

Toutefois, à regarder de plus près la composition du  Gouvernement actuel wallon dont M. Antoine est ministre, nous constatons que le Président de ce gouvernement, M. Élio Di Rupo, est bien socialiste, lui. De conclure, alors, que si M. Antoine a accepté d'avoir un Président socialiste, c'est qu'il doit bien avoir quelques accointances avec ce parti d'où, certainement, également avec M. Happart. Notre erreur, donc, ne joue pas sur le fond du problème.

Quoi qu'il en soit, nous rappelons que l'A.FR.AV est une association non politique et que notre combat dans cette affaire n'est nullement dirigé contre le parti socialiste wallon, ni contre le cdH, ni contre aucun autre parti politique, il est dirigé simplement et uniquement contre le tout anglais.  

 

Le Gouvernement wallon avec au centre son Président, M. Élio Di Rupo (PS)

 

                                             

         M. Élio Di Rupo (PS)            M. André Antoine (cdH)

 

 

CELA DIT, 

DEVANT  LES  RÉPONSES 

 NULLES  ET  CONSTERNANTES, 

DE  MM. PARTOUNE  ET ANTOINE, 

NOUS  VOUS  DEMANDONS  

DE  RÉAGIR  AVEC  NOUS. 

MERCI  !