De nombreuses questions ont déjà été posées par
les membres de l'une ou l'autre Assemblée parlementaire sur les projets
du Secrétariat d'État à l'Industrie visant à porter atteinte au texte
de référence en langue française des brevets d'invention à
l'occasion de projets de révision de la Convention de Munich sur le
brevet européen. Il s'agit notamment des questions de Mme Anne-Marie
Idrac (28 juin 1999), de M. Jacques Legendre (21 octobre 1999) et de M.
Ambroise Dupont (11 novembre 1999). Les réponses apportées jusqu'à
présent manquent de précision. L'Administration en cause
pourrait-elle apporter des éclaircissements supplémentaires sur sa
position actuelle :
- Pourquoi l'Administration ne s'appuie-t-elle pas
sur la seule enquête de fond réalisée sur la question par la
compagnie Nationale des Conseils en Propriété Industrielle auprès des
PME en 1997 ?
Peut-on affirmer que la stricte égalité entre les
langues est respectée lorsqu'on sait qu'une forte majorité desdits
documents est rédigée en anglais, et que la simple mention
"anglais OU allemand OU français" aboutirait très vite à
une reconnaissance officielle de la valeur juridique d'un texte
anglais en France ?
Peut-on justifier la mise en cause de la langue
française sur ce point essentiel par une économie notable si l'on
sait que le dépôt d'un brevet proprement dit ne représente que 5%
des frais engagés pour la mise au point d'une invention, et que la
traduction ne représente qu'une fraction de ces 5% ?
Établir dans les faits la domination sans partage
de l'anglais n'est-il pas donner à nos concurrents d'outre-Atlantique
un avantage concurrentiel considérable sans aucune contrepartie de
réciprocité ?
Alors que le brevet est juridiquement conçu et
déposé comme un tout, et que seul son texte intégral fait foi,
peut-on prendre le risque d'en mutiler la version française, privant
ainsi d'informations essentielles les PME et les consommateurs, alors
que les faits démontrent de plus en plus la nécessité de respecter
notamment le principe de précaution ?
Les projets du Secrétariat
d'État à l'Industrie,
outre qu'ils sont contraires à la Loi et à la Constitution, ne
sont-ils pas également en contradiction avec la politique de défense
de la diversité culturelle menée par le Gouvernement français ?
Pourquoi en particulier l'Administration
compétente ne réagit-elle pas lorsque l'Office Européen des Brevets
de Munich viole ses propres statuts en diffusant des annonces de
recrutement en anglais uniquement ou organise (début décembre 1999)
une Conférence de terminologie de façon bilingue anglais-allemand en
éliminant le français ?
L'Administration pense-t-elle que dans ces
conditions l'Office Européen des Brevets de Munich donne toutes
garanties de défense équitable des intérêts français ?